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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 18:44

 

Une image fantastique d'un rocher martien prise par le rover Curiosity

 

 

Un rocher martien impressionnant
Published by Didier BARTHES - dans Actualité sondes
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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 14:04

Lundi 4 juillet, soit jour pour jour, 40 ans après l’arrivée sur Mars de l’atterrisseur Viking  qui constitua le premier très grand succès de l’exploration planétaire automatique, la sonde Juno se mettra en orbite autour de Jupiter après cinq ans de voyage à plus de 600 millions de kilomètres de la Terre. Cette fois-ci, pas d’atterrissage - de toute façon on ne peut pas se poser sur Jupiter - mais une mission orbitale très ambitieuse, même si les mesures de magnétisme, de radiométrie et de composition atmosphérique parleront probablement moins au grand public que les spectaculaires images prises depuis le sol d’une autre planète.

Quoique n’utilisant pas de générateur atomique comme source d’énergie et devant se contenter de bons vieux panneaux solaires (très grands,  parce qu’au niveau de l’orbite de Jupiter, le soleil est bien palot, à peine quelques pourcents de sa luminosité sur la Terre),  Juno est une sonde particulièrement sophistiquée. Vous trouverez sur le site Wikipédia la description détaillée, de ses objectifs et de son agenda mais aussi de l’instrumentation.

Voici un résumé des principaux sujets d'études de la mission :

- Le mode de formation de l’atmosphère (en l’occurrence de la planète, Jupiter étant essentiellement gazeuse, même si c’est un gaz très dense pour les couches profondes à la limite d’une structure liquide), la composition de cette atmosphère et sa structure interne.

- Les déplacements relatifs des différentes couches.

- Les caractéristiques du noyau solide que l’on subodore.

- La génération du champ magnétique.

- Les aurores polaires (joviennes donc).

Informations complémentaires et suivi de la mission sur le site de la NASA.

Published by Didier BARTHES
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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 20:44

Les amateurs d'astronomie, et plus généralement tous ceux qui s'intéressent à la science, ont été particulièrement gâtés ces derniers mois.

Non seulement nous avons découvert des vues des deux principales planètes naines du système solaire avec les images de Cérès prisent par la sonde Dawn il y a juste un an, mais un peu plus tard, à l'automne dernier, nous avons enfin vu à quoi ressemblait Pluton (plus exactement le couple Pluton-Charon et ses quatre satellites) avec les splendides photographies de la sonde New Horizons. Le tout bien sûr, complété par l'extraordinaire exploration de la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko (dite « Tchouri ») par la sonde Rosetta et son petit atterrisseur vedette Philae en novembre 2014.

Pourtant, astronomiquement parlant, tout cela sera sans doute balayé par l'annonce, le mois dernier, de la découverte tant attendue des ondes gravitationnelles à partir de détections obtenues dans les observatoires américains LIGO le 14 septembre 2015 à 11 h 51.

La vidéo suivante d'une conférence donnée au CEA Saclay en février dernier par Fabien Cavalier, Fabian Schussler et David Elbaz offre un panorama assez complet de la nature de ces ondes, de leur mode de découverte et des implications d’une telle confirmation.

Comme le dit bien Fabien Cavalier (première intervention) la découverte de ces ondes est  très importante, elle valide de nombreux éléments au cœur de la recherche astronomique de ces dernières années.

Elle constitue d’abord une validation de plus de la théorie de la relativité générale qui forme le cadre de notre description du cosmos, elle contraint toute déviation éventuelle à cette théorie dans des limites de plus en plus étroites. Elle prouve l’existence de systèmes de trous noirs binaires et constitue la première observation de leur coalescence. Elle valide par la même occasion l’existence de trous noirs stellaires d’une masse supérieure à 15 ou 20 masses solaires. Ici les deux trous noirs qui sont entrés en collision à 200 000 kms-1 (!) avaient une masse respective de 29 et 36 masses solaires, l'énergie dégagée lors de la coalescence à l'origine des ondes équivalait à 3 masses solaires (!) Le tout aurait eu lieu il y a 1,3 milliards d'années. Bref, cette découverte fait passer tout un ensemble d’astres et de phénomènes de l’hypothèse à la réalité.

Pour la conférence ne vous laissez pas décourager par le son catastrophique de l’introduction, dès le passage au premier conférencier (Fabien Cavalier),  tout s’arrange.

Published by Didier BARTHES
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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 12:44

Très bonnes  fêtes de Noël et meilleurs vœux à toutes et à tous.

 

Pour finir l’année en bonne compagnie astronomique je vous propose ces réflexions de Jean-Pierre Luminet qui évoque ici une théorie liant les trous noirs et la naissance de l’Univers.

Ce n’est qu’une hypothèse bien incertaine, peut-être aujourd'hui plus poétique que scientifique, mais c’est aussi une manière de nous rappeler combien les grandes questions sur l’Univers sont encore pleines de mystères.

 

Bonne année 2016 et jolis regards sur les étoiles.

Published by Didier BARTHES
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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 21:28
Les tâches sur Cérès mieux définies

Voici les dernières images des tâches blanches sur Cérès, la définition atteint désormais environ 140 mètres et l'on découvre qu'il y a en réalité une multitude de petites zones brillantes.

 

Published by Didier BARTHES - dans Actualités
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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 12:08

L'Université d'Aix Marseille nous signale l'existence d'une formation (Master) en Astrophysique,

 

Vous trouverez toutes les informations sur ce site

 

Formation en astronomie à Aix-Marseille

 

 

 

 

 

Published by Didier BARTHES - dans Actualités
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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 00:04
Une image des taches blanches sur Cérès

Une des dernières images des mystérieuses zones blanches sur Cérès

Source : Nasa

Published by Didier BARTHES
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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 14:04

Internet constitue évidemment une aubaine pour les fausses sciences et pour les lanceurs de rumeurs. Astrologie, numérologie, toutologie, n’importequoitologie s’en donnent à cœur joie. Elles nous abreuvent de de liens supposés entre phénomènes n’ayant rien à voir entre eux, sans que jamais, ni un début d’explication, ni une quelconque corrélation statistique ne viennent apporter la preuve de leur dire.

Pour ma part, je croirai à l’astrologie le jour où les astrologues fermeront leur cabinet pour se contenter de jouer au loto les chiffres que leur auront dictés les astres.

L'atout de ces fausses sciences est justement de n’être pas scientifiques c’est-à-dire de n’être pas réfutables : ni par l’expérience ni par l’argumentation. Il est en fait très difficile de démontrer que l’astrologie relève du fantasme. Comment prouver que Jupiter n’a aucun effet sur vous ou que plus précisément, il est strictement impossible d’en dire quelque chose ? Cette question avait été évoquée sur ce site en moquant paradoxalement les astronomes qui, selon moi, utilisent souvent  de bien mauvais arguments pour démentir l’astrologie.

C’est là la force de ces pseudosciences, c’est pour une part ce qui explique pourquoi, depuis si longtemps, et malgré tous les progrès de la science, perdurent dans nos médias ces rubriques insensées qui expliquent aux naïf natifs du  Capricorne que les natifs du Capricorne sont des gens merveilleux à qui il va arriver des choses non moins merveilleuses, à moins que ce ne soit le contraire (1).

Plus curieux, et plus incompréhensible est le phénomène lorsqu’il touche à des éléments facilement réfutables. Ainsi depuis quelques temps (mais le message revient périodiquement et tout abonné à Facebook l’a sans doute déjà reçu plusieurs fois) circule l’information selon laquelle le mois de mai 2015  serait exceptionnel par ce qu’il va s’y trouver cinq ensembles complets de « vendredi-samedi-dimanche ». C’est si rare, dit-on, que cela ne  produirait que tous les 663, 823, 826 ou 883 ans selon les innombrables versions de cet « hoax » particulièrement répandu.  Diable !

Il s'agit évidemment d'une absurdité totale. Les jours de la semaine se suivant inexorablement, tout mois de 31 jours commençant par un vendredi présente inévitablement cette particularité.

Comme il y a une chance sur sept pour qu’un mois de 31 jours commence par un vendredi et que 7 mois sur 12 ont 31 jours,  il y a en moyenne (1/7) x (7/12) soit une chance sur 12 qu’un mois donné soit concerné. Comme il y a 12 mois dans l’année, la situation se produit en moyenne une fois par an.

Le raisonnement est imparable et les statistiques le sont aussi. Au cours des 20 premières années du millénaire, de 2000 à 2019 inclus, la situation s’est reproduite 18 fois, en plein accord avec les probabilités (2). Voyez, il n’est pas nécessaire d’attendre des siècles, c’est plus fréquent qu’une éclipse de soleil en un lieu donné.

Pourquoi alors certains croient-ils, et plus encore véhiculent-ils des rumeurs aussi stupides et aussi facilement réfutables ? Les hommes seraient-ils paresseux et ne se donneraient ils pas le moindre mal pour réfléchir et mettre en cause ce qu’on leur dit ? La paresse intellectuelle fait-elle le lit de la naïveté et de la bêtise ?  Je demanderai à mon astrologue.

__________________________________________________________ 

(1) Que les « Capricorne » n’y voient aucune remarque personnelle, ils auront compris que l’on peut remplacer Capricorne par n’importe quel autre signe.

(2) En décembre 2000, mars 2002, août 2003, octobre 2004, juillet 2005, décembre 2006, août 2008, mai 2009, janvier et octobre 2010, juillet 2011, mars 2013, août 2014, mai 2015, janvier et juillet 2016, décembre 2017 et mars 2019. Pour ceux qui estiment que le millénaire commence le 1er janvier 2001, (cette épineuse question a été traitée ici) il faut alors aller jusqu’à 2020 et nous trouverons le mois de mai 2020 qui répondra à cette caractéristique (18 occurrences également sur ces 20 années).

Published by Didier BARTHES - dans Calendrier
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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 16:24

Cet article de Madame Yaël Nazé a été préalablement publié dans la revue  L’Astronomie en juin 2014.

Les pulsars ont été découverts grâce à leur émission radio variant périodiquement et l’on sait aujourd’hui qu’ils pulsent aussi dans d’autres domaines, comme les rayons X ou gamma. En fait ils émettent de la lumière dans un faisceau étroit qui balaie l’espace quand ils tournent (lire l’Astronomie, numéro 55, novembre 2012, p. 20) si la Terre se trouve alors dans la bonne direction, elle voit un point du ciel clignoter régulièrement, - un phare céleste - qui en fait une horloge quasi parfaite.

Incroyable mais vrai

Vous ne me croyez pas ? Prenons PSR  J037- 4715. La période de ce pulsar au nom poétique a été mesurée. Elle vaut 5,757 451 831 072 007 ms à 0,000 000 000 000 008 ms près ! Soit une précision de 8 attosecondes, ou une précision relative d’un millionième de milliardième ! S’il s’agissait de mesurer une taille cela équivaudrait à mesurer le diamètre de la Terre à 20 nanomètres près soit 5 000 fois plus fin que l’épaisseur d’un cheveu !

Evidemment une précision aussi extraordinaire ne vient pas en un jour … Tout d’abord il faut bien choisir son pulsar. Les jeunes pulsars tout juste nés d’une explosion de supernova, sont plutôt turbulents et instables : Leur période change parfois brusquement suite à des réajustements internes… Pour avoir de la précision, il vaut mieux se tourner vers les vénérables anciens, mais pas n’importe lesquels : les vieux rajeunis. Il s’agit de pulsars ayant un compagnon stellaire qu’ils cannibalisent. Le transfert de matière provoque une accélération de la rotation du pulsar, jusqu’à atteindre des rotations prenant seulement quelques millisecondes. Ces pulsars sont dits rajeunis car la rotation ralentit naturellement avec l’âge, et ils sont très stables, même lorsqu’on les observe sur des décennies : ils peuvent donc servir de repère temporel.

Après avoir choisi sa cible, il faut l’observer, l’observer et encore l’observer avec la meilleure précision possible. Après avoir enregistré des millions de clignotements ou « pulses » (impulsions en français) on peut déterminer leur profil moyen qui s’avère assez stable pour un pulsar donné. On choisit alors un évènement particulier comme repère, par exemple l’augmentation brusque du signal marquant le démarrage de l’impulsion. On mesure alors grâce à des horloges atomiques, le temps d’arrivée au télescope de ces évènements lors de chaque campagne d’observation. Pour une impulsion individuelle, la précision de mesure peut valoir jusqu’à une microseconde - cela semble bien éloigné de l’exactitude temporelle mentionnée plus haut – mais il ne faut pas oublier que l’on fait en pratique la moyenne d’un énorme nombre d’observations : on utilise des centaines, voire des milliers d’impulsions pour déterminer leur forme stable, et on regarde en plus des observations réparties sur des décennies, un pulsar avec une période de 5 ms effectue plus de 60 milliards de rotations que l’on peut numéroter une par une sans se tromper !

Enfin, il faut corriger ces temps d’arrivée car malheureusement, il se passe pas mal de choses entre l’émission de la lumière par le pulsar et l’enregistrement sur Terre. Par exemple, le signal radio du pulsar traverse le milieu interstellaire ionisé, la bulle de vent solaire dans lequel se trouve notre planète, et les couches atmosphériques, notamment l’ionosphère. Tout cela provoque un certain délai qu’il faut éliminer. Il y a aussi des problèmes bassement pratiques : les horloges atomiques sont imparfaites, même si leur précision atteint au moins la femtoseconde (10-11 s). Du coup, les mesures venant de différents observatoires (ce qui est inévitable car il est impossible d’observer en continu un objet depuis un seul endroit sur Terre)  seront un peu décalées les unes par rapport aux autres, et celles provenant du  même observatoire mais pas enregistrées le même jour peuvent aussi être légèrement décalées...

Problème supplémentaire : pulsar et Système Solaire tournent dans la Galaxie mais pas au même rythme. Du coup, la distance entre eux change, provoquant un décalage progressif des temps d’arrivée des impulsions. Pire encore : la Terre n’est pas vraiment le centre du système solaire. Du coup, on se trouve parfois devant ce centre vu depuis le pulsar : le trajet est alors plus court que six mois plus tard, lorsque la Terre se trouve dans la situation inverse. Ce changement continu dû aux mouvements de la Terre est embêtant, et l’on préfère naturellement se positionner dans un repère plus stable. Toutefois, ce petit changement peut paraître négligeable au vu des distances en jeu. Mais s’il n’a que 150 millions de kilomètres entre le centre du Système Solaire et nous, contre des milliers voire des millions de milliards entre le Système Solaire et les pulsars, ces 150 millions de kilomètres correspondent à un délai de… huit minutes pour les signaux lumineux ! Huit minutes en plus ou en moins lorsque l’on cherche à atteindre une précision de l’ordre de l’attoseconde, c’est évidemment énorme. Il faut donc corriger soigneusement les temps d’arrivée de notre mouvement dans le Système Solaire, pour nous remettre dans un repère lié à son centre. Enfin le signal radio du pulsar se baladant dans le Système Solaire se déplace dans un espace-temps courbé par les masses des planètes et du Soleil. Cela provoque un délai supplémentaire appelé délai de Shapiro.

Toutes ces corrections semblent insurmontables. Pas de panique, toutefois : Ces délais possèdent des signatures typiques différentes les unes des autres. Même si la valeur de ces corrections n’est pas connue a priori, on peut la déterminer simplement en regardant les données ! En effet, si l’on se trompe de valeur, les temps d’arrivée des données mal corrigées vont subitement se mettre à osciller au fil du temps, à augmenter subitement ou à adopter un comportement bizarre mais facilement attribuable à l’une ou à l’autre des causes évoquée ci-dessus. En fait, on peut même en profiter pour améliorer la connaissance des coordonnées du pulsar ou… des éphémérides du Système Solaire ! En effet, si la correction « de remise au centre » est mal faite, c’est qu’on a mal déterminé le centre du Système Solaire. Sa position dépend des masses en jeu : celle du Soleil, bien sûr, mais aussi celles des planètes. En analysant les signaux du pulsar, on peut ainsi déterminer la masse des planètes à un dix-milliardième de masse solaire (soit un trente millième de masse terrestre) près – c’est-à-dire mieux que les premières déterminations utilisant les trajectoires des sondes Pionner ou Voyager !

Ça sert à quoi ?

On possède alors des mesures précises des temps d’arrivée de chaque impulsion, et après ? Eh bien après, il reste des choses intéressantes

Par exemple, il arrive que l’impulsion arrive tantôt un peu trop tôt, tantôt un peu trop tard par rapport à ce qui était prévu.  Pourquoi ? Tout simplement parce que le signal n’est pas émis depuis un point fixe : Le pulsar est en fait en orbite autour du centre de son système. Ce système peut être composé du pulsar et d’une autre étoile à neutrons, ou du pulsar et d’une exoplanète ! C’est d’ailleurs grâce à cette technique que l’on repéra les trois premières exoplanètes en 1992 autour de PSR B1257 + 12 (et quelques autres depuis voir sur exoplanet.eu: La plus petite avait une masse de deux fois la Lune, et les deux autres de quatre fois la Terre. Elles figurent aujourd’hui encore parmi les plus petites exoplanètes connues. Quant à la première observation d’un pulsar accompagné d’un compagnon étoile à neutron, elle fut tout aussi révolutionnaire ! En effet, on remarqua rapidement que les deux objets se rapprochaient l’un de l’autre, l’orbite se resserrait petit à petit. Ce phénomène a priori étrange marque tout simplement une perte d’énergie du système : ce phénomène prédit par la relativité générale est dû à l’émission d’ondes gravitationnelles par le système, et le taux théorique correspond parfaitement au taux observé. Cette exceptionnelle découverte valut d’ailleurs le Nobel de physique en 1993 à ses deux « pères », Hulse et Taylor (1).

Et ce n’est pas fini, une nouvelle révolution se profile à l’horizon. Divers projets s’échinent à tenter de de mesurer directement les ondes gravitationnelles (la détection mentionnée ci-dessus étant évidemment indirecte puisqu’on n’a pas mesuré les ondes elles-mêmes). LIGO VIRGO ou LISA n’ont pas encore touché au but, malgré des années de travaux préparatoires. Leur machinerie complexe pourrait se faire doubler par une idée intéressante : observer un ensemble de pulsars !

L’idée, proposée à la fin des années 1970 est simple. Elle ressemble au départ aux projets « classiques » : observer la déformation d’un « bras » de longueur donnée à cause du passage d’une onde gravitationnelle. Cependant, cette fois-ci, le « bras » en question ne relie pas deux satellites (comme pour LISA) ou deux stations terrestres peu éloignées (comme pour LIGO ou VIRGO). Non, cette fois, on travaille sur une échelle céleste : les extrémités du bras sont le système solaire d’une part, et le pulsar de l’autre ! L’observation est a priori peu complexe, si les impulsions n’arrivent pas à l’heure c’est tout simplement que l’espace-temps a subi une modification due au passage d’une onde gravitationnelle. Evidemment, si l’on observe qu’un seul pulsar, on pourrait confondre ce signal avec l’une ou l’autre des perturbations à corriger. Mais si l’on observe plusieurs pulsars, alors les problèmes disparaissent : les corrections des problèmes d’horloges seront les mêmes quel que soit le pulsar, par exemple, alors que le signal gravitationnel dépendra bien sûr de la direction dans laquelle  il a été émis !

Plusieurs projets ont ainsi vu le jour : EPTA (European Pulse Timing Array) utilise les radiotélescopes de Nançay, dEffelsberg, de Westerbork, de Jodrell Bank et de Sardaigne ;  PPTA (Parkes Pulsar Timing Array) utilise, comme son nom l’indique le radiotélescope de Parkes ; et NanoGrav utilise les radiotélescopes de Green Bank et d’Arecibo. Les trois projets collaborent au sein de l’IPTA (International Pulsar Timing Array). Ils observent chacun une vingtaine de pulsar soit une quarantaine de pulsars en tout (certains étant observés par plusieurs équipes). Le rythme est soutenu : une observation toutes les trois semaines environ pendant au moins cinq ans. Cela demande donc pas mal de temps : ainsi, 10 % des observations d’Arecibo et 20 % de celles de Green Bank sont consacrées aux projets NanoGrav, 30 % de celles de Nançay à l’EPTA…

Le résultat vaut évidemment la chandelle. Les espoirs ne sont d’ailleurs pas vains, puisque les observations actuelles permettent déjà d’exclure la présence d’un couple de trous noirs supermassifs jumeaux au centre de notre Galaxie, et de rejeter la proposition d’un système similaire dans la galaxie 3 C66B. Le but avoué est de détecter bientôt les fusions lointaines de trous noirs supermassifs, ou le fond cosmologique d’ondes gravitationnelles ou encore de contraindre certaines théories de cordes cosmiques ou de modèle de supercordes. Et même s’ils espèrent leur faire de l’ombre, ces projets « pulsarisés » s’avèrent complémentaires des autres LISA/LIGOVIRGO), car ils « tâtent » les ondes gravitationnelles de plus basses fréquences (du nanohertz au microhertz).  

Il ne reste donc qu’à attendre. La patience constitue l’ingrédient principal de ces projets. La première étape en cours, est d’améliorer les éphémérides de ces cibles, toutes ne sont pas (encore) aussi bien connues que le fameux PSR J0437- 4715 cité plus haut. Une fois la précision atteinte, alors on pourra commencer à détecter ces ondes, s’il en passe une dans la bonne direction. Patience, on devrait avoir des résultats d’ici moins de 10 ans.

_________________________________________________________ 

(1) A noter que le délai de Shapiro se produit ici aussi, cette fois pas à cause du Soleil ou d’une planète de notre Système Solaire, mais à cause du champ gravitationnel du compagnon.

Madame Yaël Nazé est rattachée au Groupe de Physique des Hautes Energies à l’Université de Liège (voir ici son site).

Cet article est paru dans le numéro de Juin 2014 de la revue L’Astronomie p. 30 à 35, revue mensuelle publiée par la Société Astronomique de France Tous nos remerciement vont à Madame Janet Borg, rédactrice en chef de L'Astronomie qui a bien voulu en autoriser la reproduction.

Notons que l’article initial comportait quelques illustrations qu’il n’a pas été possible de reproduire ici. Elles portaient notamment sur la variation du barycentre du système solaire, sur la variation du temps d’arrivée des pulsations en fonction de la position de la Terre dans le Système Solaire et sur la sensibilité des différents programmes d’études (les  PTA, Pulse Timing Array). 

Published by Yaël Nazé - dans Physique
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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 10:04

Bien triste journée pour l’éveil des enfants à la science que ce vendredi 20 mars 2015 !

Non seulement, le temps n’a pas été de la partie dans bien des régions françaises, mais surtout l’Education Nationale a montré son plus mauvais jour.

Alors que les astronomes savent  désormais prévoir l’heure et le lieu exact des éclipses plusieurs centaines d’années à l’avance, l’Education Nationale n’a pas été capable de prévoir l’achat de lunettes de protection pour les enfants, ce qui sans doute aurait coûté la somme astronomique d’environ un euro par élève. Il est vrai que le ministère a d’autres projets éducatifs en tête que de faire aimer la science et la nature. Si l’on demande aux élèves de suivre scrupuleusement la « bienpensance » du moment, l’astronomie n’a de son côté aucune place sérieuse dans les programmes.

Comme lors de l’éclipse de février 1961, il semble même que localement des élèves aient été privés de sortie à l’heure fatidique. Ainsi les enfants auront perdu ce qui sera peut-être l’unique occasion de leur vie de voir une éclipse de soleil.

Rappelons donc les choses : Le soleil n’est pas plus dangereux pendant une éclipse qu’en temps normal, la quantité de lumière reçue est même moindre.

Deux choses seulement sont dangereuses : Regarder directement le soleil sans lunettes de protection, même quand il est partiellement occulté, mais c’est impossible car l’œil se ferme instantanément, exactement à la même vitesse qu’en temps normal et n’a donc pas le temps d’être endommagé.  Ou alors, regarder à travers un appareil  amplificateur (lunette astronomique, télescope ou jumelles) qui ne serait pas spécialement équipé de filtre adéquat, là oui, l’amplification lumineuse serait telle qu’une exposition même brève pourrait être dommageable pour la rétine, mais ce cas n’est pas à l’ordre du jour dans les cours de récréation. Il faut expliquer cela aux élèves (voir par exemple ce petit rappel).

Même sans lunettes, il était possible de construire facilement un système de  projection très simple (un trou dans une feuille de carton par lequel on fait passer l’image du soleil qui va se projeter sur une seconde feuille ou une surface plane quelconque qui fait écran)

Mais non, sauf si localement les enseignants  ont pris par eux-mêmes ce genre d’initiative, on a préféré cacher le soleil aux enfants. Tant pis pour la curiosité, tant pis pour l’émerveillement, tant pis pour le goût de savoir, il y avait, comme disent les astronomes, de l’occultation dans l’air.

Published by Didier BARTHES - dans Actualités
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