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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 10:04

sciences-et-vie-Aout-2012.jpgSous le titre : « Nous ne sommes pas seuls », le mensuel Science & Vie (1) publie dans son dernier numéro un dossier consacré à la Vie dans l’Univers qui modifie quelques peu les perspectives jusqu’à aujourd’hui dominantes.

 

Si l’on sait depuis longtemps que l’Univers est immense (voir infini) et si depuis une vingtaine d’années, la découverte de planètes extrasolaires en nombre toujours croissant laissait entendre que la présence de planètes autour des étoiles constitue un phénomène courant, plusieurs arguments venaient nuancer l’enthousiasme (2) en faveur d’une vie largement répandue dans l’Univers.  Les études semblaient montrer que la situation de notre Terre était véritablement très particulière et que notamment, la présence d’eau liquide sur longue période avait été le fruit d’une suite de conditions favorables extrêmement improbables. Voilà donc selon Science & Vie ce qui serait désormais remis en cause par une majorité de chercheurs.

Plusieurs arguments viendraient militer en ce sens.

- La stabilité climatique de la Terre  (essentielle au maintien d’eau liquide sur de longues durées et donc essentielle à la vie) que l’on attribuait à la présence de la Lune qui stabilise l’inclinaison de son axe de rotation, ne serait pas un phénomène si déterminant. D’une part, beaucoup de planètes pourraient avoir un satellite notable, d’autre part, même sans ce satellite le caractère chaotique de l’inclinaison de l’axe serait moins important que l’on ne l’avait pensé. Dont acte, même s’il s’agit là d’une affaire de spécialistes et que de nombreuses simulations seront encore menées.

- La possibilité de la vie autour des naines rouges (des étoiles de petite taille qui sont par leurs effectifs de très loin les plus nombreuses). Celle-ci semble désormais tout à fait envisageable, car compatible avec les caractéristique de rayonnement de ces astres. Cette nouvelle vision (on pensait plutôt l’inverse) augmente significativement le nombre de planètes candidates.

- l’existence de très nombreux systèmes planétaires comparables au nôtre. Bien sûr, les premières découvertes de planètes extra-solaires avaient douché l’enthousiasme (2) puisque ces dernières étaient généralement de grosses planètes gazeuses situées à proximité de leur étoile. Mais le système de détection (mesure d’un effet doppler sur le rayonnement provenant de l’astre lié au léger mouvement de va et vient induit par la présence d’une planète) provoquait un biais statistique.  Ce sont justement les grosses planètes en orbite courtes qui sont le plus susceptibles d’imprimer un mouvement à leur étoile. On découvrait prioritairement ce type de planètes par ce que c’étaient justement les seules que l’on pouvait détecter. Maintenant que les moyens s’affinent, il semble que notre système solaire soit au contraire assez représentatif et qu’il existe une grande quantité de planètes de taille à peu près comparable à celle de la Terre situées dans la zone habitable (c’est-à-dire permettant le maintien d’eau liquide).

D’autres arguments sont aussi présentés comme bien entendu, la capacité de la vie à survivre dans des milieux très difficiles en termes de composition, de pression, de température ou d’acidité. Science & Vie propose aussi un petit tour d’horizon des futurs télescopes terrestres ou spatiaux qui arpenteront l’Univers à la recherche des planètes extrasolaires Equipés de spectrographes de plus en plus performants  ils devraient permettre de solides avancées

Bref,  selon Science & Vie, dans l’Univers observable, ce ne sont pas moins de 10 000 milliards de milliards de planètes  (!) qui pourraient être candidates pour héberger la vie. Autant que de gouttes d'eau dans l'océan précise la revue ! Même si l’on se trompe d’un facteur 100 ou 1000 cela laisse place à l’optimisme (2) .    

Seul bémol, bien que ce  dossier réalisé par  Mathilde Fontez et Elsa Abdoun soit excellent, Science & Vie propose là un titre un peu trop médiatique. Les arguments proposés sont intéressants, ils vont bien dans le sens indiqué mais ils ne permettent en rien d’affirmer que « Nous ne sommes pas seuls ». La question quand même, reste pour l’instant, sans réponse.

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(1) Science & Vie, numéro 1139, août 2012, p. 50 à 75 : « Nous ne sommes pas seuls, les cinq arguments qui changent la donne ».

(2) En utilisant ces termes d’enthousiasme et d’optimisme, je ne fais que reprendre le point de vue majoritaire. Il va de soi que rien n’oblige à penser qu’un Univers où la vie foisonnerait serait par nature meilleur. Disons que c’est plus excitant.

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Par ailleurs, je me permets de rappeler que le 6 août à 7h 31 du matin (heure légale française, mais il faut ajouter 14 minutes pour les délais de réception des informations en provenance de Mars) Curiosity devrait se poser sur la Planète Rouge à l’issue  d’une acrobatique procédure d’atterrissage. Vous pourrez suivre en direct cet « amarsissage » sur le site de la NASA. Cette sonde est sans doute ce qui se fait de plus sophistiqué en la matière et si tout marche bien nous devrions mieux connaitre notre petite voisine, dommage qu’en rupture avec une longue tradition, elle ait été envoyée en un seul exemplaire.    

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Published by Didier BARTHES - dans Revue de presse
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