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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 19:56

  

 Voici petit test propre à désespérer tous les adeptes de l’astronomie ou simplement d’un peu de rationalisme.  En tapant sur le moteur de recherche GOOGLE les mots : calculs astro, on obtient les résultats suivants (au 12 octobre 2008).

 

  Pour calculs astronomie : environ 450 000 réponses

  Pour calculs astrologie (+ astrologiques) : environ 2 800 000 réponses

 

  L’astrologie bat donc l’astronomie à plate couture par 2 800 à 450 milliers de références.

 

  Si l’on tape simplement astro l’astronomie renvoie à 15 millions de réponses et l’astrologie à 20 millions environ (tous types d’astrologies cumulés). L’écart relatif est moindre mais l’astronomie est encore grande perdante.

 

  Dire que les articles critiquant l’astrologie participent à ce désespérant décompte et en atténuent quelque peu le contraste ne nous consolera pas beaucoup (comme par exemple l’article dans ce même blog: Astrologie : Les biens curieux arguments des astronomes).

  

 Le fond du problème est bien que beaucoup plus de personnes s’intéressent à l’astrologie qu’à l’astronomie. Parmi les grandes radios d’ailleurs seule France Culture parle de temps en temps des étoiles tandis que l’astrologie bénéficie de multiples chroniques sur de nombreuses longueurs d’onde.

 

  Le monde est ainsi fait. L’explication de cette statistique appartient aux sociologues et aux philosophes. L’expérience montre qu’il est en ce domaine très difficile de convaincre et que rentrer dans les détails comme je le suggère dans l’article évoqué ne change rien à l’affaire.

 

 

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Published by Didier BARTHES - dans Astrologie
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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 09:01
Pour suivre le second survol de Mercure par la sonde Messenger, rendez vous sur le site dédié de la NASA :
http://messenger.jhuapl.edu/

Rappel :  vous retrouverez dans le cadre "liens" un accès direct vers les sites consacrés aux principales sondes spatiales en activité.




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Published by Didier BARTHES - dans Actualité sondes
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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 10:02

Pas un astronome, pas un physicien qui ne soit fasciné par la relativité.

 

Par son élégance, par l’obligation qu’elle fait à l’esprit de dépasser les fausses évidences, la relativité est un magnifique terrain de jeu pour l’intelligence et pour l’imagination.  

Comme celle de toutes les grandes théories, son histoire est riche et, dés sa naissance, elle fut marquée par l’ironie et par les contradictions apparentes.  

Si le nom d’Einstein, et pour les spécialistes celui de Poincaré, s’imposent quand on l’évoque, je vous propose aujourd’hui un voyage chez son premier papa : l’inévitable Galilée.  

En effet, comprendre la relativité suppose au préalable de bien saisir la notion de relativité du mouvement et c’est là une chose moins évidente qu’on ne le pense généralement.  

C’est à Galilée que l’on doit d’avoir insisté sur cette notion fondamentale, aujourd’hui encore immortalisée par le célèbre " (il movimento) e come nullo " : Le mouvement est comme rien.  

Il n’y a pas de mouvement absolu, mais seulement des mouvements relatifs à un observateur ou à un repère (c’est à dire à un système de coordonnées). En ce sens, mouvement et repos sont distinctions de pure convention (celle du choix du repère justement).  
Tous les fondateurs de la relativité sont revenus mille et mille fois sur ce principe de base.  

Ainsi Poincaré dans " La science et l’hypothèse " (1902)

" Il n’y a pas d’espace absolu, nous ne connaissons que des mouvements relatifs "" L’espace absolu, c’est à dire, le repère auquel il faudrait rapporter la Terre pour savoir si elle tourne vraiment n’a aucune existence objective. "

Mais aussi Einstein dans " La relativité "

" Il n’y a pas de trajectoire en soi mais seulement une trajectoire par rapport à un corps de référence déterminé "

Une insistance aussi souvent répétée ne relève pas du hasard. Pas d’accès à la difficile théorie de la relativité sans acceptation préalable et absolue de ce principe (pour une fois !)

 

La relativité du mouvement permet par exemple d’appréhender la notion d’inertie. Il faut autant d’énergie pour mettre un corps en mouvement que pour le stopper puisque ce qui est au repos dans un référentiel (celui attaché corps en question) est en mouvement dans un autre (celui de son environnement). Les deux référentiels sont aussi " valables ", aussi " vrais " l’un que l’autre.


Galilée fut ainsi un double précurseur. Outre son combat pour l’héliocentrisme, qu’il partagea avec Copernic, Bruno, Kepler et quelques autres oubliés par la postérité, il fut par ses travaux sur le mouvement et sur la gravité, l’annonciateur de Newton mais aussi, et peut-être surtout, d’Einstein.

 

A l’époque, au début du 17ème siècle, on illustrait parfois la relativité des mouvements par la fable suivante :


Imaginez un jeune homme contraint à un long voyage en bateau (nous sommes encore au temps de la marine à voile). Amoureux fou de sa fiancée, il passe ses jours et ses nuits à lui écrire une très longue lettre d’amour. Il écrit avec une plume magique dont l’encre laisse une double trace. L’une marque le papier, l’autre s’imprime sur la mer.

 

Si, à la fin du voyage, on demande quelle est la forme du trait dessiné par la plume nous serons obligés à une double réponse. C’est à la fois une lettre d’amour et c’est une simple ligne sur les flots (à cause de la vitesse du bateau le trait sur l’eau ne prend plus la forme des mots qui se trouvent exagérément étirés).

La réalité du trait n’existe pas indépendamment du système de référence choisi. Si l’on prend le papier, c’est une lettre, si l’on prend la mer c’est une ligne. Notons qu’il en va de même de la vitesse de la plume. Elle glisse à quelques centimètres par seconde par rapport à la feuille mais avance à quelques nœuds sur la mer. Là encore, il n’y a pas de réponse unique et absolue.

Tout ceci vous semble une évidence bien comprise ? Patience !

 

Beaucoup moins romantique, notre époque propose une version moderne de la fable. Il y est toujours question de départ mais en train désormais.

En un mot, il s’agit d’un simple constat que nous avons tous faits au moins une fois.

 

Lorsque nous sommes dans un train en gare et que nous constatons un mouvement du convoi voisin, nous hésitons quelques instants avant de décider si c’est notre propre train ou l’autre qui vient de démarrer. Cette image est hélas souvent rapportée pour illustrer la relativité des mouvements.

 

Hélas ! Car non seulement elle est beaucoup moins romantique que celle de la lettre et du bateau mais elle se trouve également fondamentalement trompeuse et induit dans l’esprit tout le contraire de la notion de relativité.

 

En effet, pour résoudre notre hésitation nous avons généralement le réflexe de chercher des repères extérieurs aux deux convois (le paysage ou les abris sur les quais par exemple). S’ils bougent c’est nous qui partons, s’ils restent fixes, c’est le train d’à coté qui prend son départ.

 

Ainsi, très vite, l’esprit s’accroche un à un absolu : Il y a vraiment un train immobile et vraiment un train en mouvement. C’est confortable, mais c’est ainsi que l’on passe à coté de la compréhension de la relativité puisque par cette approche on rétablit la notion de mouvement et de repos absolus. Pauvre Galilée !

 

Beaucoup plus ancien l’exemple de la lettre et du bateau était plus exact ou plutôt ne poussait pas à l’erreur d’interprétation. Il existe d’ailleurs d’autres versions de l’histoire ne faisant pas appel à la magie de la double écriture ; on peut analyser la trajectoire des pierres tombant du mât du navire ou bien le vol de papillons enfermés dans la cale. Dans tous les cas se pose la question de la trajectoire relative et du choix du repère. Vous pouvez inventer votre propre version et même remplacer la lettre par un traité de mathématiques, mais cela serait peut-être dommage.

 

Malgré ces péripéties, je ne doute pas que vous soyez convaincus de la réalité du mouvement. Pourtant, exprimons là autrement !

 

Le Soleil tourne autour de la Terre en un an !

Ceci n’est pas une plaisanterie. C’est tout aussi vrai que l’inverse. Un système de coordonnées basé sur le soleil n’est pas plus " vrai ", pas plus " réel ", pas plus " absolu " qu’un système basé sur la Terre et dans lequel il nous faut bien constater que le Soleil tourne autour de nous. Souvenez-vous de la remarque de Poincaré : " L’espace absolu, c’est à dire le repère par rapport auquel il faudrait rapporter la Terre pour savoir si elle tourne vraiment n’a aucune existence objective ". Cette phrase (que l’on peut appliquer au mouvement de révolution comme à celui de rotation) vous semblait juste il y a quelques lignes encore.

Pourtant, si vous soutenez ce point de vue dans votre entourage, vous passerez au mieux pour un farfelu au pire pour un inculte. Vous découvrirez alors que sous ses airs d’évidence, la relativité bien comprise est au premier abord dérangeante pour l’esprit et fondamentalement choquante envers le bon sens. Il faut du temps pour l’apprivoiser et pour en dévoiler les élégances.

 

Ainsi, curieusement, alors que l’histoire de la lettre d’amour et celle de la révolution du Soleil autour de la Terre sont identiques sur le fond, la première est acceptée tandis que la seconde est fortement rejetée.

 

Bien comprendre la relativité, c’est admettre que les deux choses sont exactement de même nature. Admettre l’histoire de la lettre c’est accepter de facto de dire que le Soleil tourne autour de nous (à condition évidemment, d’admettre également l’inverse, relativité oblige).

 

Pour dire de façon absolue que c’est la Terre qui tourne autour du Soleil (je passe sur le fait que les mouvements elliptiques des orbites se conçoivent par rapport au centre de gravité du système solaire, ce ne sont là que broutilles), il faudrait qu’il existe un repère extérieur absolu, une sorte de cube géant dont les arrêtes seraient des axes de coordonnées et dans lequel se situerait l’ensemble de l’Univers. Or, cela n’existe pas (relisez une troisième fois, j’insiste, les propos de Poincaré).

 

Il faut donc revenir à Galilée. Tout mouvement est relatif. Aussi on peut dire que le Soleil tourne autour de la Terre. Si on le veut, on a parfaitement le droit de présenter les choses ainsi.

 

Etes-vous convaincus ? Oui ?

Mais alors, qui a dit pourtant que c’est la Terre qui tournait autour du Soleil et a même eu de sacrés ennuis pour cette affirmation ?

Galilée !

Quand je disais que la relativité était née dans l’ironie !

Imaginez alors la difficulté pour le vieux savant italien persécuté par les autorités religieuses.

Ses réflexions et ses observations l’ont convaincu de l’héliocentrisme. Il se bat toute sa vie pour imposer sa vision copernicienne du monde. Mais en même temps, il sait qu’une profonde compréhension de sa théorie des mouvements nie toute réalité absolue à cet héliocentrisme.

Simplement, si l’on observe l’ensemble du système solaire, il est infiniment plus pratique de considérer que le Soleil (ou encore une fois, le centre de gravité de l’ensemble) est fixe et que la Terre (et les autres planètes) tournent autour.  

La vie de précurseur est difficile. Galilée eut bien du mérite à imposer des idées subtiles et quelque peu choquantes pour son époque et pour la nôtre encore où toutes les implications de la notion de relativité ne sont pas toujours biens admises.

 

Peut-être, après ses réflexions, ne savez-vous plus tout à fait qui tourne autour de quoi.  Alors tant pis, si le besoin d’absolu vous taraude, vous pouvez encore préférer l’égocentrisme à l’héliocentrisme et vous souvenir de ce vieux proverbe dont la défense ne devrait pas vous envoyer au bûcher.  

 " On te dit que le monde tourne autour du Soleil, mais tu sais bien qu’il tourne autour de toi."

 

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Quelques éléments sur la Relativité

 

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Published by Didier BARTHES - dans Relativité
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30 juin 2008 1 30 /06 /juin /2008 17:34

 

    Parmi tous les propos qui entourèrent le passage à l’an 2000, nos oreilles furent rebattues d’une controverse sur la date exacte d’entrée dans le 21ème siècle (ou dans le troisième millénaire, il s’agit  de la même question). 
    Permettez-moi d’y revenir encore une fois, après tout, c’est un peu de l’astronomie.
 
    Si les média évoquèrent la question, c'est presque toujours le même point de vue qui fut exprimé. On peut le résumer de la façon suivante :
 
    " Tout le monde pense que le 21ème siècle commencera le 1er janvier 2000 mais il débutera en fait le 1er janvier 2001 comme l’affirment  les spécialistes. "

    L’affaire paraissait entendue. Pourtant, cette prétention tant de fois répétée relève surtout du plaisir de contredire les idées simples. Sous la couverture de la compétence (les spécialistes) elle masque au contraire une méconnaissance et une incompréhension de l’histoire du calendrier. 
    Comme pour bien des sujets, il est utile de préciser le cadre dans lequel on situe sa réflexion. On peut ainsi analyser la question sous trois angles : symbolique, historique et mathématique et tenter ensuite d'en tirer le meilleur compromis.
 

 

Sur le plan symbolique.

     Nous sommes là dans le règne de l’arbitraire et chacun est libre de voir le symbole là où le porte sa propre sensibilité.
    Personnellement j’estime que symboliquement le 1er janvier 2000 constitue la meilleure date.
     D’ailleurs pour le millénaire précédent on a souvent évoqué la grande peur de l’an 1000 rarement celle de l’an 1001, preuve que ce symbolisme du chiffre rond est assez répandu. Certains amateurs de science fiction et du célèbre film " 2001 L’odyssée de l’espace " ne partageront peut-être pas cette vision, c’est évidemment leur droit.

 

Sur le plan historique.

    Notre ère est censée avoir commencé avec la naissance de Jésus Christ, messie du premier ou du zérozième siècle après lui-même (là réside une partie de la question). Aujourd’hui beaucoup d’historiens s’accordent à penser que Jésus Christ est venu au monde quelques années avant sa naissance (sic). L’état civil, il est vrai n’était pas encore parfait en l’an 0 (ou en l'an 1, re sic).

    Cinq ou sept ans ? Un peu moins un peu plus ? Le débat reste ouvert et ne sera probablement jamais tranché. De ce point de vue, en l’an 2000, nous étions déja dans le troisième millénaire depuis " un certain temps " !

 

Sur le plan mathématique.

    Ici heureusement, les choses paraissent plus claires et tout dépend simplement de la date du début.

    Un siècle comprenant cent ans et un millénaire mille, alors :

  • Si notre ère a commencé le 1er janvier 0, alors le premier siècle a commencé le 1er janvier 100 et le troisième millénaire le 1er janvier 2000.  
  • Si notre ère a commencé le 1er janvier 1, alors le premier siècle a commencé le 1er janvier 101 et le troisième millénaire le 1er janvier 2001.

    Comme les historiens considèrent généralement  que les ères commencent par leur année 1, on comprend que la seconde version recueille la préférence  et que  le troisième millénaire ait bien débuté le 1er janvier 2001.

 

Alors débat tranché ?  Non !

    En effet, cette analyse bien qu’inspirée par les méthodes des historiens fait curieusement bon marché de l’histoire. 
    Car s’il n’y a pas eu d’année 0, l’année 1 n’a pas existé non plus, ni l’année 2, ni d’ailleurs, aucune année obéissant à cette règle de millésime jusqu’aux alentours de l’an 530 et même, beaucoup plus tard dans la majorité des sociétés.
 

    C’est en effet en 532 (millésime recalculé car à l’époque, et pour cause, on ne pouvait la nommer ainsi) que le moine Denys le Petit proposa une réforme du calendrier ou plutôt de sa date d’initialisation.
   Alors que jusqu'alors, la fondation de Rome (754 ans avant JC) faisait office de point de départ, Denys le Petit, qui espérait peut-être prendre ainsi une assurance sur la vie éternelle, proposa de décompter les années à partir de la naissance de Jésus Christ.

    Si sa réforme fut assez rapidement approuvée par l’église, ce qui se conçoit bien, son application pratique fut plus laborieuse et ne commença guère à entrer dans les mœurs avant les années 700 à 800. En France, on en trouve trace dans les édits royaux seulement à partir de l’an 1000.

 

    Le début de notre ère fut donc déterminé à posteriori et tout est 

    L’existence ou pas d’une année 0 ne relève pas d’une réalité mais d’un arbitraire et spéculer sur les intentions ou sur les calculs de Denys le Petit ne changerait rien à l’affaire.

    On voit par-là que l’affirmation que le troisième millénaire commence le 1er janvier 2001 est mathématiquement séduisante mais qu’elle est incomplète.

   L’ambiguïté est inhérente à l’histoire et sa reconnaissance l’est tout autant à la bonne compréhension des phénomènes.

   Quant au faits, ils ont tranché, les célébrations ont bien eu lieu le 1er janvier 2000.

    Notons cependant que cette absence d’année 0, qui fait directement passer de l’année – 1 à l’année + 1 dans les livres d’histoire, complique singulièrement tous les calculs d’intervalles incluant cette période. Peut-être doit-on voir là l’un des effets déplorables de l’absence de passerelle entre les sciences classiques et les sciences sociales. Si les historiens faisaient un peu de mathématiques, jamais ils n'auraient retenu une règle aussi hérétique que la suppression du zéro.
   Les astronomes, eux, considèrent que l’année 0 a bien existé. Le plus souvent toutefois, ils résolvent les multiples problèmes de calendrier et de correspondances temporelles en utilisant la notion de jour julien (noté JJ ou MJD pour une version simplifiée) qui consiste simplement déterminer la date en comptant les jours sans faire référence aux années.
Cela permet par exemple de voir si une éclipse relevée à telle date dans le calendrier maya est bien là même que celle évoquée dans tel ou tel registre chinois (encore qu'à cause de la différence de longitudes ces deux sociétés ont du mal à voir les mêmes éclipses).

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Si les questions du calendrier vous intéressent, je vous recommande :

 Le calendrier, de Paul Couderc, Editions PUF, collection " Que sais-je ? " Numéro 203, 1ère édition 1946.

La saga des calendriers ou le frisson millénariste, de Jean  Lefort.  Editions Belin, collection:  Pour la science, bibliothèque scientifique. Edité en 2001. Ce dernier ouvrage est particulièrement complet et instructif.

 

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Published by Didier BARTHES - dans Calendrier
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29 juin 2008 7 29 /06 /juin /2008 22:16

 

   Evoquer l’astrologie pour la réfuter reste un exercice délicat. 
   Si face à un auditoire adepte des horoscopes vous vous heurtez à un mur d’incompréhension, face à un public d’astronomes, vous ne prêchez qu’à des convaincus. Entre l’inutilité et l’ennui le propos présente finalement peu d’intérêt.

   C’est pourquoi je vous propose d’aborder une troisième voie, parler d’astrologie à des astronomes. Non pour défendre l’astrologie bien sûr, mais néanmoins pour mettre en cause la façon dont ces derniers rejettent généralement les vues des astrologues.

    En effet, sûrs de leur bon droit, les passionnés d’astronomie répondent parfois aux astrologues d’une manière un peu légère et pas toujours très rigoureuse. Ils utilisent ainsi des arguments qui, si l’on n’y prenait garde, pourraient être retournés.

    Illustrons cette dérive de l’argumentation par deux exemples : la question des constellations et la réalité des actions à distance.

 

 La question des constellations

 

   Les astronomes font essentiellement grief aux astrologues de commettre des erreurs ou pour le moins des imprécisions sur quatre points :

   - Le nombre de constellations du zodiaque.
   - La non-universalité du nom et des frontières des constellations.
   - L’absence de réalité physique des constellations.
   - La non prise en compte  de la précession des équinoxes.

 

  Premier reproche, Le zodiaque, cette bande du ciel centrée sur l’écliptique et devant laquelle, par perspective, "circulent" le soleil et les planètes traverse 13 constellations. Or, l’astrologie ne se préoccupe que de douze d’entre elles. Ophiuchus (parfois appelée Serpentaire) dont une partie se situe dans le zodiaque entre le Scorpion et le Sagittaire, est totalement ignorée.

   Cette ignorance permet à l’astrologie de " coller " au calendrier qui divise l’année en douze mois approximativement égaux.

  Au dire des astronomes, une telle négligence que rien ne justifie sur le plan scientifique (mais peut-on ici parler de science ?) ruinerait la cohérence de l’édifice astrologique et par-là anéantirait sa crédibilité.

 

  Seconde réprimande, Les constellations n’étant pas universellement définies, il serait impossible d’attribuer une qualité indiscutable à un signe. Vous pouvez ainsi être du signe du Lion selon l’astrologie en vigueur dans votre société et du signe du Zèbre ou de la Gazelle selon les traditions astrologiques de la société voisine ! Quel sera alors votre destin ? Quels seront vos goûts, vos aversions ? Que dire de votre caractère ?

  Par ailleurs, au-delà du nom, la définition même et la frontière des constellations ne sont pas plus universelles : Telle étoile rattachée à une constellation dans une civilisation peut fort bien se trouver rattachée à une autre pour un peuple différent.

   Enfin bien sûr, les constellations ont évolué au cours de l’histoire là aussi tant sur leur dénomination que sur le plan de leur frontière. Ainsi, en passant des babyloniens aux grecs, le Journalier est devenu le Bélier et les Queues, une partie des Poissons. De même les constellations chinoises de l’époque impériale ne sont pas les nôtres.

  La situation est aujourd’hui normalisée et le ciel est découpé en 88 constellations (des zones en fait) internationalement reconnues et précisément définies. 

 

   Autre critique, les constellations ne constituent pas des réalités. Ce sont des apparences, de simples effets de perspectives. Comme le dit Leila Haddad dans un article de Ciel et Espace de février 2002 : " Ce sont de très artificiels agrégats d’étoiles qui, un jour, il y a longtemps, ont pris la forme que notre regard a bien voulu leur donner. " Les astronomes répètent d’ailleurs à l’envi qu’au sein d’une même constellation les étoiles n’ont souvent aucun lien entre elles et se trouvent à des distances fort différentes de la Terre.

 

   Enfin, dernier grief, apparemment plus technique : La précession des équinoxes , les signes retenus par l’astrologie ne sont plus ceux qui résulteraient de l’observation du ciel actuel. Ainsi, un enfant né le 1er janvier est astrologiquement du signe du Capricorne tandis que le Soleil est à cette date dans la constellation du Sagittaire (Rappelons que notre signe astrologique est théoriquement celui de la constellation devant laquelle transite le Soleil au moment de notre naissance). Les astrologues sont restés figés sur les configurations astrales d’il y a deux mille ans !  

   L ’ensemble de ces remarques ne concernent pas que notre signe principal, elles pourraient bien entendu s’appliquer à l’identique à l’ascendant qui résulte de la constellation se " levant " à l’instant de notre naissance. Tous ces arguments sont utilisés à foison contre l’astrologie. On tente ainsi, par mille détails techniques de montrer que les astrologues ne connaissent rien aux astres et sont bien en retard sur la science.

 

   C’est une erreur car ce n'est pas ici que se situe l’essentiel.

   Le fait qu’un corps, le Soleil, les planètes, un papillon, ce que vous voulez, passe en perspective devant un autre ensemble de corps ne nous permet en aucun cas d’en tirer des conclusions quant au destin ou au caractère de telle ou telle personne, fût-elle née au moment de cette " conjonction ". Là et seulement là se situe le cœur du problème. Cela résulte moins d’ailleurs d’une question d’astronomie que de logique car le principe de l’astrologie pourrait s’appliquer au mouvement de n’importe quel objet et pas seulement à celui des astres. C’est pourquoi se battre pour les arguments cités plus haut paraît dangereux et finalement contre-productif.

 

   Non seulement on ne s’attaque qu’à la surface des choses, mais surtout, on laisse a contrario entendre que si ces données étaient différentes, alors l’astrologie aurait un sens.

 

   Or, si le zodiaque ne contenait que douze constellations sagement rangées et scrupuleusement espacées de trente degrés chacune (30° x 12 = 360°), si les constellations avaient de tout temps et en tout lieu connu la même définition et la même appellation, si toutes les étoiles d’une constellation appartenaient à un ensemble cohérent, un amas lié par la gravitation par exemple, et si enfin, la précession des équinoxes n’existait pas, alors l’astrologie resterait toujours aussi inepte et dénuée de fondement.

 

La réalité des actions à distance et leur interprétation

 

   Toutes les réfutations de l’astrologie n’ont de sens que si l’on admet au préalable que les astres peuvent avoir une influence sur nous. Si tel n’était pas le cas, alors il serait inutile de discuter des heures durant du détail des éléments à retenir ou pas (position et choix des planètes, définition des constellations…)

   Il existe donc une manière radicale de réfuter l'astrologie consistant à scier la branche dès sa naissance en niant toute possibilité d’influence des astres ou bien en la rendant si infime qu’elle puisse être négligée dans tous les cas. C’est une tentation à laquelle succombent bien des astronomes.    

   Cette méthode efficace qui évite de se noyer dans mille petits problèmes n’est pourtant pas sans en poser d’autres. Par quelle voie les astres pourraient-ils agir sur nous ? Sauf à inventer des forces imaginaires, mais en ce cas, plus aucune réfutation et par-là plus aucun débat n’est possible, seule la gravitation semble pouvoir être invoquée (le magnétisme aussi peut-être, bien qu’on imagine mal une action à très longue portée).    

  Les astrologues eux-mêmes nous y encouragent qui, souvent, pour défendre leur " science ", rappellent que la Lune par exemple a bien une influence gravitationnelle puisqu’elle est responsable des marées. 
   Cependant ne soyez pas cruels, ne leur demandez pas le détail de l’affaire ! Le mécanisme des marées est extrêmement complexe et même les principes de base échappent à la connaissance de la plupart des astrologues.

   Ne pouvant tout à fait nier l’existence de la gravitation les astronomes répliquent que l’attraction des planètes est absolument infime et ne peut en aucun cas nous influencer.

   Qu’en est-il exactement ?

   Comparons l’influence gravitationnelle de trois objets sur notre corps : la Terre (c’est-à-dire la pesanteur), la planète Jupiter et un objet de la vie courante, par exemple une voiture à 10 m (imaginez qu’une voiture se garant devant la maternité le jour de votre naissance vienne déterminer votre caractère !).

   La force de gravitation qu’exerce un corps est proportionnelle à sa masse et inversement proportionnelle au carré de la distance à laquelle il se situe (loi de Newton) Cette force se traduit par une accélération qui se calcule en multipliant ces données par la constante de Gravitation : G = 6,67 x 10-11 N m2 kg-2 

 

Comparons donc :  

 

La Terre : masse:  5,97 x 1024 kg, distance : 6 371 km soit 6,37 x 106 m (distance jusqu’au centre du globe sachant que nous nous situons en surface). L’accélération générée par la Terre est donc de : (5,97 x 1024 / (6,37 x 106) 2) x 6,67 x 10-11 = 9,81 ms-2. On reconnaît là, l’accélération de la pesanteur.    

 

Jupiter : masse : 1,90 x 1027 kg, distance 590 millions de km, soit 5,90 x 1011 m (distance approximative lorsque Jupiter est au plus près de la Terre, c’est-à-dire en opposition). L’accélération générée par Jupiter est donc de : (1,90 x 1027 / (5,90 x 1011)2) x 6,67 x 10-11 =  3,64 x 10-7ms-2.    

 

Une voiture à 10 mètres :masse : 1 000 kg, distance 10 m. Accélération générée : (1 000/102) x 6,67 x 10-11 =  6,67 x 10-10 ms-2.

 

   A ce jeu des petits calculs, chacun trouve son compte. Les astronomes feront remarquer que l’accélération que Jupiter nous impose est quasi inexistante face à celle de la pesanteur, elle est 27 millions de fois plus faible. (9,80/3,64 x 10-7 = 2,69 x 107). A l’inverse les astrologues se targueront du fait qu’une planète garde une influence gravitationnelle très supérieure à celle d’un objet de la vie quotidienne. Ici l’attraction de Jupiter vaut un peu plus de 500 fois celle de la voiture à 10 m : (3,64 x 10-7 / 6,67 x 10-10 = 546). Le raisonnement conduit également à des conclusions ambivalentes.   
   De fait les astrologues peuvent arguer qu’une influence petite au départ peut avoir à long terme des conséquences très importantes. Les récents développements mathématiques des théories du chaos vont en ce sens et on découvre de plus en plus de systèmes où la sensibilité aux conditions initiales est immense. En astronomie notamment, on a montré qu’une imprécision de seulement quelques mètres sur la connaissance de la position de la Terre aujourd’hui conduisait à une incapacité complète à prédire sa position à moins de 150 millions de kilomètres près 100 millions d’années plus tard !

   La naissance des ouragans, le trajet des boules de billards, mais aussi peut-être le développement ou l’évitement des guerres, sont eux aussi soumis à cette infinie petitesse des causes !

   Les astronomes, eux, noteront que curieusement, les astrologues ne s’intéressent qu’à ces petites causes. Ainsi, l’attraction de n’importe quelle planète sur notre corps reste des millions fois plus faible que d’autres événements de nature non astronomique. Un mouvement de la mère, un geste de la sage-femme à la naissance d’un enfant le soumettent à des accélérations des centaines de milliers de fois supérieures à celle des astres (Terre exceptée, mais ça, c’est pour tout le monde, indépendamment de notre signe astrologique, on ne peut donc pas faire d’horoscope dessus). Mais ces causes-là, aussi importantes soient-elles aucun astrologue ne songe à les prendre en compte, il ne saurait les utiliser.

   Pourquoi d’ailleurs se limiter aux influences de l’instant de la naissance ? C’est l’ensemble du passé qui détermine le futur.

    On voit par-là que ce genre de débat ne mène pas loin et ne convainc personne. C’est que la vraie question ne se pose pas ainsi. Elle ne se pose pas en termes d’importance des influences mais en termes de capacité à prévoir.

   La démarche astrologique relève en effet du schéma suivant : Trois montagnes sont au loin, appelons-les " constellation du triangle ". Un oiseau passe entre elles et vous : faut-il en conclure quelque chose ? Stricto sensu on ne peut affirmer (comme le font imprudemment les astronomes), que c’est sans influence. Le regard que vous lui accorderez vous retardera peut-être d’une seconde, vous évitant ou au contraire créant un accident de la route, une cellule de votre corps bougera sous votre mouvement et votre futur enfant, engendré d’une cellule différente sera un génie quand il aurait été dictateur (ou l’inverse) etc.

   Par contre si les astronomes sont imprudents, les astrologues sont malhonnêtes car si influence il y a, il est impossible de la décrypter. Nul ne pourra jamais dire si la seconde passée à regarder l’oiseau vous entraînera vers tel ou tel destin. Dans ce contexte, discuter de la taille de l’animal est inutile, il en est de même pour les planètes : mesurer l’importance de leur influence gravitationnelle (ou magnétique ou ce que vous voulez) ne change rien à l’affaire.

 

   Les astronomes font une double erreur en tentant de prouver scientifiquement la petitesse des influences astrales. Erreur sur le fond car " petit " ne signifie pas " négligeable " et erreur sur la forme puisqu’ils laissent entendre par leur réponse que si l’influence était grande, l’astrologie aurait un fondement, ce qui n’est pas exact.

    Nous retrouvons ici la conclusion précédente : L’argumentation contre l’astrologie doit principalement porter sur l’incapacité à prévoir le complexe enchaînement des causes. Et non sur la prise en compte de tel ou tel élément.

    Evidemment, admettre qu’aucune influence n’est négligeable semble être une concession faite aux astrologues et chacun sait bien qu’ils s’engouffreront dans la brèche pour dire : " Ah vous voyez ! ". Oui mais il s’agit d’honnêteté intellectuelle.
    De cette honnêteté là, les astrologues, sans doute, font peu de cas, mais les astronomes, eux, doivent en user, c’est tout à leur honneur.

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Published by Didier BARTHES - dans Astrologie
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28 juin 2008 6 28 /06 /juin /2008 15:47
Bonjour et bienvenue sur ce blog consacré à l'astronomie
Ce site est récent et comporte encore peu d'articles, patience
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Merci.
Didier Barthès
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Published by Didier BARTHES
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