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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 12:04

Voici quelques images de la planète Mars prisent par la sonde Mars Reconnaissance Orbiter (MRO). La sonde et son télescope profitent pleinement de la légèreté de l’atmosphère de la planète ce qui limite fortement les effets délétères de la turbulence. La résolution est ainsi toute proche du maximum théorique soit environ 30 centimètres !   

Mars en noir et blanc

Source : NASA (et l’université d’Arizona)  via le texte de Michel Alberganti et  le livre Mars, une exploration photographique, de Francis Rocard, Alfred S Mcewen et Xavier Barral (éditions, Xavier Barral), vidéo extraite du court métrage de Xavier Barral.

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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 20:04

Etienne Klein est un vulgarisateur de talent et l'on ne compte plus ses intéressantes réflexions sur le temps. Dans cette petite conférence il nous donne quelques éléments passionnants sur la nature de la masse, des éléments qui laissent entendre que la réalité des choses est dans leurs interactions. La philosophie n'est pas loin. La façon dont les physiciens là voient aujourd'hui est bien différente de notre conception intuive. Temps, gravitation, masse, tous ces concepts que l'on croit évidents sont bien mystérieux et bien subtils, ils échappent au sens commun. La physique moderne a sa poésie et son mystère.

                                La masse par Etienne Klein

(conférence donnée à l'ENS)

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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 20:04

Il est des philosophes qui ne connaissent pas un mot, pas une idée de la relativité ou de la mécanique quantique, c'est une bien étrange lacune quand on sait ce que ces deux théories ont su nous dire sur le réel, ou plutôt, combien elles ont su nous montrer à quel point le réel était fort éloigné de nos intuitions premières. C'est là sans doute une faille de notre enseignement qui sépare aussi férocement sciences et philosophie.

Il y a d'heureuses exceptions, Gaston Bachelard par exemple, qui dans cet extrait d'une émission de France Culture fait part de ses réflexions sur la révolution qu'a constitué la Relativité.

Bachelard et la Relativité (extrait d'une archive de l'INA de 1936). A écouter à partir de 32 minutes pour Bachelard proprement dit, mais le reste est également passionnant. France Culture consacre cette semaine plusieurs matinées au célèbre savant allemand dans le cadre de ses émissions : Grande Traversée (ici : Scientifiques et philosophes face à la relativité).

 

 

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 08:44

Pas de commentaires particuliers, admirons juste la beauté d'une éruption solaire sur cette vidéo proposée par la NASA.

Juste un détail, le diamètre du soleil vaut 109 fois celui de notre planète, pendant quelques instants celle-ci est d'ailleurs figurée à l'échelle : impressionnant.

 

                                           Une éruption solaire

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 18:04

Alors même que ce soir, un astéroïde (2012 DA14) d'une quarantaine de mètres de diamètre doit passer à 27 700 kilomètres de notre planète, une pluie de météorites s'est abattue ce matin sur l'Oural , près de Tcheliabinsk faisant environ 1 000 blessés et endommageant de très nombreux bâtiments.

C'est un évènement tout à fait extraordinaire notamment par ses conséquences, puisque, juqu'à présent, les blessés par météorite étaient au nombre de quelques-uns (deux seulement semblent avérés, même s'il est possible que la fameuse météorite de la Tunguska tombée en juin 1908 ait tué quelques personnes). Cette région du monde (vaste, il est vrai) semble particulièrement visée par ces "cailloux célestes", plusieurs chutes notables ont eu lieu au cours des cent dernières années.

A priori, les victimes ont été, cette fois, touchées par le bris et la chute des vitres résultant du bang supersonique et non par des fragments de la météorite proprement dite. Pour l'instant aucun élément n'en aurait encore été récupéré

Ici une analyse plus détaillée publiée en novembre 2013 sur cet évènement.

 

météorite russe fév 2013

                                      La chute de la météorite dans l'Oural ce 15 février 2013

 

 

Voir ici une analyse plus détaillée du phénomène publiée en novembre 2013, voir aussi la Page wikipédia sur cette météorite :   

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 16:04

L’Histoire de l’Astronomie n’est pas une marche régulière, c’est une suite d’hypothèses, d’erreurs et même de retours en arrière dont l’étude nous éclaire sur la fragilité des connaissances et nous incite à beaucoup de modestie sur la science d’aujourd’hui. Les savants du 21ème siècle ne sont-ils pas conduits aux mêmes errements que ceux des temps anciens ?

On peut en effet établir un parallèle entre les subtiles sophistications du modèle géocentrique et les non moins subtils concepts de matière noire et d’énergie sombre, deux entités bien mystérieuses, censées constituer, de très loin, l’essentiel du contenu matériel de l’Univers. Les deux affaires présentent bien des similitudes.

 

Le géocentrisme.

Assez naturellement, les hommes se sont placés au centre du monde dans la plupart des cosmologies. Puisque tous les corps célestes semblaient marquer un mouvement, c’était bien autour de la Terre, c’est-à-dire des hommes, qu’ils devaient l’effectuer.

Certes, le géocentrisme connu quelques exceptions ; en Grèce, 250 ans avant Jésus Christ, le perspicace Aristarque de Samos avait imaginé un remarquable système héliocentrique qui n’eut, hélas, guère de succès. C’est finalement le modèle dit de Ptolémée qui s’imposa et fut majoritairement enseigné pendant plus d’un millénaire et demi. Cette cosmologie publiée entre l'an 140 et l'an 150 de notre ère dans le célèbre Almageste, propose une synthèse de la vision géocentrique et relève d’une extrême sophistication. Si une vulgarisation trop simpliste n’en fait que la représentation d’un Univers centré sur la Terre, l’étude de ses détails révèle mille subtilités dont aucune n’est innocente.

Bâti sur les bases erronées que sont le géocentrisme (1) et le caractère circulaire des mouvements orbitaux, le modèle de Ptolémée ne pouvait garantir la correspondance entre les observations et la théorie qu’au prix de nombreuses règles aussi ad hoc qu’ingénieuses dont voici les principales.

Chez Ptolémée, les planètes tournent sur de petits cercles appelés épicycles dont le centre tourne lui-même sur de grands cercles : les déférents. Le centre de ces grands cercles n’est d’ailleurs pas la Terre proprement dite, mais un point légèrement décalé. Pour le Soleil c’est encore un peu différent, il tourne sur un déférent dont le centre lui-même tourne sur un petit épicycle dont le centre est le même que celui des déférents des planètes !

Le positionnement ordonné des astres et en particulier l’alignement permanent des éléments suivants : centre des déférents des planètes, centre de l’épicycle de Mercure, centre de l’épicycle de Vénus et Soleil permet de justifier le fait que ces deux planètes n’apparaissent que le soir et le matin c’est-à-dire à proximité du Soleil (en réalité dans un cadre héliocentrique, le phénomène s’explique très naturellement parce que ces deux corps naviguent sur des orbites intérieures).

Complexité supplémentaire, les centre des épicycles des planètes parcourent en des temps égaux les quatre quadrants de leurs orbites mesurés à partir du point équant c’est-à-dire du point occupant une position symétrique à celle de la Terre par rapport au centre des déférents. On voit là une grande similitude avec la loi des aires qui sera plus tard mise en évidence par Kepler (2). Ptolémée avait là fait preuve d’une haute technicité pour tenter de rendre compte de ce qu’il ignorait : le caractère non circulaire des orbites.

La vitesse des mouvements, la bonne orientation des axes liant les planètes et le centre de leurs épicycles, permettaient également au modèle de Ptolémée de rendre compte de l’étrange phénomène, dit de rétrogradation, qui semble faire revenir les planètes en arrière sur certaines parties de leurs orbites (cela est particulièrement remarquable pour Mars). Dans un cadre héliocentrique, là encore, cela s’explique très facilement par un simple effet de perspective, lorsque la Terre « double » une planète qui navigue sur une orbite qui lui est supérieure, mais dans le cadre du géocentrisme, toute cette machinerie s’avérait nécessaire (3).

Maintenant que l’Histoire a balayé son modèle nous pourrions être tentés de moquer Ptolémée et tous ceux qui l’ont inspiré. Ce serait bien imprudent, sommes-nous sûr d’agir très différemment ?

 

Matière noire et énergie sombre

Chacun sait, que l’Univers nous est largement inconnu. Les médias nous rappellent qu’il serait constitué à 95 ou même à 99 % d’une étrange matière noire et d’une plus mystérieuse encore énergie sombre. D’où viennent ces deux fantômes inquiétants ? Sont-ils bien différents des épicycles de Ptolémée ?

La matière noire a été imaginée (oui, imaginée !) à partir d’un problème de mesure des masses présentes dans l’Univers. Selon que l’on tente d’estimer la masse d’une portion d’Univers en additionnant celle des corps visibles (étoiles, nuages de gaz, poussières…) ou que l’on tente de calculer cette masse en fonction de la vitesse qu’elle imprime à ses constituants (4), l’on découvre des résultats très différents. La divergence est telle, qu’une erreur de mesure ne peut suffire à l’expliquer. La vitesse des étoiles autour du centre des galaxies, mais aussi celle des galaxies autour du centre de leur amas ou même des amas autour les uns des autres suppose une quantité de matière beaucoup plus importante que tout ce que l’on peut percevoir. Plus le phénomène est regardé à grande échelle, plus il semble manifeste. Au niveau du système solaire par contre, la matière visible suffit à expliquer le mouvement des astres et leur vélocité.

L’énergie sombre serait elle-même un constituant encore plus significatif que la matière noire. Sa présence a été établie pour rendre compte du mouvement d’accélération de l’expansion de l’Univers que les astronomes mettent en évidence depuis une quinzaine d’années. Cette accélération est contraire à l’intuition, et il y a peu encore, la majorité des chercheurs auraient parié sur le fait que la gravité « tirant » la matière en arrière allait peu à peu ralentir le mouvement d’expansion né du fameux Big Bang (5).

Dans les deux cas, nous observons bien un processus comparable à celui des épicycles. Nous nous trouvons face à des phénomènes (la vitesse des astres dans l’Univers et l’accélération de l’expansion) que nous ne savons pas expliquer dans le cadre de nos données standards (la matière visible), et nous inventons donc deux sortes d’entités, matière et énergie cachées, dont l’existence arrangerait bien le fonctionnement de nos équations. Comme pour Ptolémée et le géocentrisme en général, on peut soupçonner là la recherche de solutions ad hoc.

Il serait toutefois injuste de faire le parallèle avec Ptolémée sans précaution pour le seul plaisir intellectuel de souligner des répétions historiques. Les astronomes d’aujourd’hui connaissent l’Histoire, ils sont conscients du problème et ne se jettent pas tête baissée dans les mêmes impasses. C’est en y ayant sérieusement réfléchi, en ayant établi des équations précises, avec derrière eux une grande connaissance scientifique qu’ils ont construit ces deux explications. Pour autant, pour l’instant ni l’existence de la matière noire ni celle de  l’énergie sombres n'ont encore été validées par l’observation et la question se pose réellement. Les candidats à la matière noire ont été nombreux (petite étoiles, neutrinos, trous noir, particules diverses….) Certains ont même été conduits à envisager la remise en cause des lois de la gravité à grande échelle (6) . 

On prête à Einstein cette si jolie phrase : « Dieu est subtil, mais il n’est pas malveillant » Beaucoup ont discuté pour savoir ce qu’Einstein entendait par Dieu, certains prétendent qu’il voulait juste dire la nature, je l’ignore, mais une fois de plus, il avait vu juste, l’Univers est d’une grande subtilité.

___________________________________________________________________________________________________ 

(1) En affirmant que ces bases étaient fausses, je commets en réalité un péché contre l’esprit, car le géocentrisme n’est pas fondamentalement erroné dès lors que l’on admet la relativité du mouvement (et il faut le faire). Si tout mouvement est relatif alors la réponse à la question : « Qui tourne autour de quoi ? » relève par définition de l’arbitraire et dépend entièrement du choix du référentiel. Disons qu’il est beaucoup plus pratique de choisir le Soleil ou au moins le centre de gravité du système solaire comme système de référence. Ce point avait été détaillé dans l’article : Relativité et ironie des idées.

(2) La « loi des aires » de Kepler stipule que les rayons vecteurs des planètes balaient par rapport au Soleil des surfaces égales en des temps égaux. Elle résulte du fait que les corps autour du Soleil parcourent plus vite (en terme angulaire comme en terme « absolu ») la partie de leur orbite proche du périhélie. La loi de la gravitation de Newton est bien sûr derrière le phénomène puisque l’intensité de la gravitation est inversement proportionnelle au carré de la distance qui sépare les corps.  

(3) Je suis bien conscient que toutes les explications ci-dessus sont difficiles à visualiser, aussi, j’invite  le lecteur à regarder sur internet les nombreux schémas qui décrivent cet ingénieux modèle.

(4) Plus un corps est massif, plus il oblige ses satellites à parcourir rapidement leurs orbites pour une altitude donnée.

(5) Cette remise en cause  est particulièrement manifeste depuis 15 ans environ, du fait de nouvelles estimations de la luminosité des supernovæ et donc de leurs distances. Ces nouvelles mesures laissent penser que la vitesse d’expansion s’accélère. Si l’évocation de cette « énergie sombre » est relativement récente, la matière noire, par contre fut envisagée avant même le milieu du siècle dernier. Notons toutefois qu’on rapproche parfois cette énergie sombre de la fameuse constante cosmologique inventée par Einstein pour permettre d’envisager un modèle d’Univers stationnaire. Là aussi, on parla d’invention ad hoc et Einstein lui-même la renia.

(6) La théorie Mond est la plus connue de ces remises en cause. Sur ce sujet, voir également, sur ce site, l'article sur le retard des sondes Pionner.

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 16:04

Les astronomes ont besoin, pour leurs unités et leurs constantes, de valeurs précises et universellement reconnues. C’est la seule façon de parler le même langage. Rien ne serait pire pour eux que de revenir au temps où les poids et mesures variaient de ville en ville.

Bien conscient de cette nécessité, l’Union Astronomique Internationale (UAI)   vient, lors de sa récente assemblée générale à Pékin, d’officialiser une nouvelle valeur de la célèbre Unité Astronomique :   

                                     149 597 870 700 mètres  : exactement.

Il ne s’agit pas à proprement parler d’une nouvelle estimation mais plutôt d’un changement de concept. L’ancienne valeur était identique mais fixée à plus ou moins 3 mètres, la nouvelle est considérée comme exacte. Non pas que l’on puisse définir cette notion au centimètre près, mais maintenant que tous les calculs sont fait dans le système international (c'est à dire : mètre, seconde, kilogramme etc.), il était utile que les unités annexes (l’unité astronomique en est une) soient précisément définies. Il y a de ce fait un caractère conventionnel à cette valeur.  

Rappelons qu’initialement l’Unité Astronomique était conçue comme la distance moyenne de la Terre au Soleil (de centre à centre) ce qui correspond également à la valeur du demi-grand axe de l’orbite. Plus précisément, elle était définie comme la valeur ce demi-grand axe pour une particule de masse négligeable orbitant autour du soleil selon une période égale à une année gaussienne (année dont la valeur est très proche de celle de l’année sidérale). Cette définition permettait de laisser de côté les différences pratiques liées à la masse de la Terre et aux perturbations générées par les autres planètes. Désormais, nous aurons, comme pour la vitesse de la lumière, une définition administrative et parfaitement exacte.

Pour le commun des mortels, il est bien suffisant de savoir que cette unité vaut environ 150 millions de kilomètres. Elle a été très utile, lorsque nous ne disposions que des lois de Kepler et notamment de la fameuse fixité du rapport a3/t2 qui dit que le cube des demi-grands axes de l’orbite des planètes est proportionnel au carré des temps de révolution. Ce rapport est égal à 1 si l’on prend comme unités : l’Unité Astronomique pour a (le demi grand axe) et l’année pour t (la durée de la révolution de la Terre). Dans ce cas, il suffisait de mesurer les temps de révolution des autres planètes pour déterminer leurs distances au soleil. Ainsi l'on savait que Jupiter était 5,2 fois plus éloignée de l'astre du jour que ne l'était la Terre.

C’est ainsi que l’on a d’abord arpenté le système solaire. Bien sûr, cela ne donnait que des distances  relatives (telle planète est x fois plus lointaine que telle autre) et les distances absolues restaient dépendantes de la vraie valeur de l’Unité Astronomique. Tout cela est oublié. Désormais nous ne mesurons plus les distances qu’en mètres ou en l'un de ses multiples. L'Unité Astronomique en est un parmi d'autres et sa signification physique s'efface au profit des sa valeur administrative.  

Notons aussi que l’UAI a décidé de fixer universellement l’abréviation "au" (pour Astronomical Unit) qui devra désormais être seule utilisée.

 

Plus d'informations sur le sujet :

- Via le site de l'observatoire Paris-Meudon

- Le communiqué de l'UAI (toujours sur le site du même observatoire)

- L'article de Wikipédia

Notez qu'en anglais l'UAI a pour sigle IAU.  

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 20:04

 

Cette année aura, semble-t-il, vu la résolution de l’un des grands mystères de l’astronautique ; une petite divergence qui fit grand bruit et poussa certains à envisager des remises en cause fondamentales de la physique.

L’affaire était connue : Les trajectoires des sondes Pioneer se trouvaient frappées d’anomalie. Les deux jumelles allaient moins vite que prévu, comme si une mystérieuse force les « tiraient en arrière » c’est-à-dire en direction du soleil.  

Une force sans doute bien faible, de l’ordre de 10-9 m.s-2  soit une accélération de un nanomètre par seconde carrée. Cela correspond au dix milliardième de la gravité terrestre ou à moins de un cent millième de la force d’attraction du Soleil au niveau de l’orbite de Saturne.  Avec le temps toutefois, cette infime retenue s’avéra suffisante pour induire un décalage repérable entre les positions calculées et les positions constatées des deux sondes.

Ainsi, en janvier 2003, lors du dernier contact avec Pionner 10, alors que celle dernière se trouvait à 12 milliards de km du Soleil, la sonde était en retard de 400 000 km par rapport à sa position attendue (soit un écart de 0,003 %). Pionner 11, avec qui le contact avait été perdu plus tôt (en 1995) avait, quant à elle, subi un freinage du même ordre de grandeur bien qu’elle fût partie dans une direction diamétralement opposée. Cette symétrie du phénomène semblait exclure un  processus local et privilégier, soit quelque chose de commun au fonctionnement des sondes, soit un mécanisme propre à l’ensemble du système solaire. Oui, mais lequel ? Le mystère a tenu bon jusqu’à ce printemps.

Pioneer10 en cours d'assemblage

                                                                 La sonde Pionner 10 en cours d'assemblage

En première approximation, la trajectoire d’une sonde spatiale obéit à une règle assez simple : Le lanceur (la fusée) fournit une impulsion de vitesse et de direction  données et la sonde poursuit son trajet par inertie, se voyant seulement perturbée par les effets gravitationnels des corps qui l’entourent. Pour l’essentiel, ces corps sont le soleil, dans une moindre mesure la Terre notamment au tout début du voyage ainsi que les planètes à proximité desquelles passe l’engin spatial. Ces influences (variables dans le temps selon la distance des différents corps concernés) infléchissent le parcours de la sonde, l’accélérant ou la freinant dans telle ou telle direction. De telles perturbations sont d’ailleurs souvent utilisées pour mener à bien une mission en profitant de l’élan gravitationnel que peut fournir le passage à proximité d’une planète. Ce « jeu » est parfois nommé « billard gravitationnel » (1) .

 

Tout ceci est connu, parfaitement calculable et effectivement calculé en permanence. Dans la réalité, plusieurs phénomènes annexes peuvent toutefois venir mettre à mal cette unicité des causes et largement complexifier la situation. Citons la pression de radiation du rayonnement solaire, c’est à dire la lumière (2), le vent solaire (des particules s’échappant du Soleil, principalement des protons, des électrons et des noyaux d’hélium),  d’éventuelles particules résiduelles de l’espace interplanétaire, ainsi que quelques mécanismes électromagnétiques. Il faut également tenir compte de phénomènes propres à l’engin: Toute évacuation de matière, tout dégazage se traduit inévitablement par réaction par une poussée en sens contraire. C’est vers cette dernière hypothèse, la plus naturelle, que ce sont longtemps concentrées les recherches. Mais hélas rien ne semblait pouvoir constituer une explication valable. En désespoir de cause on a commencé à voir fleurir quelques explications plus étonnantes. Parmi elles, on envisagea la présence de matière noire (3) . Plus hardi encore, certains mirent en doute les sacro-saintes lois de la gravitation, supposant qu’à grande échelle et pour de faibles intensités, celle-ci puisse obéir à des règles différentes. La plus célèbre de ces théories est connue sous le nom de théorie Mond, dont une version adaptée aux conditions du système solaire semblait pouvoir rendre compte de l’anomalie.

Mais, matière noire ou gravité modifiée posaient évidemment un douloureux problème. Pourquoi seules les trajectoires des sondes étaient frappées et pas celles des planètes Uranus et Neptune par exemple ? Aucune raison ne put convaincre l’ensemble de la communauté scientifique.

On réexamina donc les hypothèses plus plausibles liées aux émissions des engins eux-mêmes et en particulier au rayonnement thermique produit par les générateurs électriques au plutonium. En effet, un rayonnement peut, tout comme un gaz, produire une poussée (2). Ce type de générateurs  ne produit pas seulement de l’électricité, il génère surtout de la chaleur qui doit bien s’évacuer par rayonnement infrarouge (4).

A priori, ce rayonnement part dans toutes les directions et n’a donc pas d’effet net dans un sens ou dans l’autre. Toutefois après une analyse poussée  de l’intensité et des lieux d’émission de cette « lumière thermique » sur la sonde, l’équipe du chercheur Slava Turyshev  s’est aperçu qu’une partie des rayons allait frapper le dos de l’antenne de communication avec la Terre qui, à son tour, les réfléchissait. Or, les générateurs étant placés à l’avant et  l’antenne à l’arrière, la réflexion renvoyait le rayonnement vers l’avant générant un freinage infinitésimal de la sonde. Les différentes simulations mathématiques prouvèrent que l’ordre de grandeur de cette perturbation était compatible avec l’anomalie de vitesse et de trajectoire constatée. Notons que techniquement, cette recherche fut très délicate. Les enregistrements de navigation des sondes étaient anciens, dispersés et parfois sur des supports dépassés.

L’affaire est-elle classée ? Oui selon la majorité des avis même si quelques-uns pensent encore que tout n’est pas expliqué. Ce type de mystère a encore de beaux jours, d’autres sondes parties loin dans l’espace ont aussi connue quelques écarts de trajectoires et de vitesse, écart  infimes mais tout aussi inexpliqués. Ce fut le cas de Near, en mission vers les astéroïdes, et de Rosetta qui étudia les comètes. Dans leur deux cas, c’est au contraire un excès de vitesse qui fut constaté.

   __________________________________________________________________________________________________

(1) En réalité la sonde qui s’approche d’une planète gagne autant en vitesse en s’approchant (en « tombant ») vers la planète qu’elle en n’en perd en s’en s’éloignant. Dans un référentiel lié à la planète c’est donc un jeu à somme nulle. Mais  la planète elle-même a une certaine vitesse par rapport au Soleil, et dans un référentiel solaire il y a échange de vitesse ou plutôt d’énergie cinétique entre les deux corps (la planète et la sonde). Dans le cas qui nous intéresse par exemple Jupiter a été freiné (infiniment peu) par le passage de pionner 10 qui elle, a été sensiblement accélérée et a vu sa trajectoire infléchie. Le ratio des vitesses échangées est inversement proportionnel à la masse des deux corps pour qu’il y ait bien égalité des quantités de mouvement (masse x vitesse).    

(2) Rappel : attention au piège des  mots. C’est bien la pression de radiation solaire (la lumière) qui provoquerait l’avancement des voiles interplanétaires que nous promet la science-fiction. Il ne s’agit pas du vent solaire (particules de matière). Si celui-ci s’apparente bien à un vent, il est incapable de pousser les voiles. Pour l’essentiel, les particules les traverseraient alors que la lumière, qui se trouve réfléchie peut, par cela, fournir une poussée.    

(3) La matière noire est une matière invisible et dont l’existence est supposée par certains astrophysiciens au vu de l’analyse de la vitesse de rotation des grands ensembles matériels (galaxies et amas de galaxie). Cette vitesse est très supérieure à celle qui proviendrait de l’attraction liée à la seul matière visible, d’où le soupçon d’existence d’une matière invisible en quantité d’ailleurs beaucoup plus importante que la matière classique. Trou noirs, particules mystérieuses, neutrinos, nombreux sont les candidats à composer cette étrange matière. Pour l’instant le débat n’est pas tranché d’autant que s’ajoute la présence encore plus importante d’une non moins fameuse énergie noire venant de son côté justifier l’accélération de l’expansion de l’univers que l’on croit déceler.

(4) Pour être plus précis, soulignons que les différents moteurs électriques de la sonde étaient aussi en cause. N'ayant pas un rendement parfait, leur fonctionnement dissipe nécessairement un peu de chaleur.

 

  plaque pionnier 10

                        La fameuse plaque qui fut apposée sur Pioneer et fit l'objet de polémiques. 

 

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 22:44

    neil armstrong 1956 portrait

 

Neil Armstrong

 Le premier homme à avoir marché sur une autre planète.

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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 12:44

       Curiosity-sous-parachute-3.jpgCuriosity pendant sa descente sous parachute,

 Cliché de la NASA par la sonde Mars Reconnaissance Orbiter 

Bravo ! Il n'y a vraiment rien d'autre à faire que de s'incliner devant l'extraordinaire exploit technique qu'a représenté l'arrivée en parfait état de Curiosity sur Mars. Quand on imagine la somme des difficultés techniques d'une telle entreprise (les médias ne nous donnent qu'une version hyper simplifiée de la complexité de l'opération), cela relève du miracle.

Je le dis d'autant plus que j'étais sceptique devant ce choix d'une procédure aussi compliquée (il est vrai que le système d'airbags n'était pas adapté compte tenu de la masse du rover). Chapeau !

Plusieurs images ont été publiées qui ont été réalisées par le rover depuis le sol même, mais j'ai choisi celle-ci qui techniquement me semble la plus fabuleuse : Une image prise depuis une sonde en orbite martienne. Quand on sait la vitesse relative des deux engins (en plus on est quasiment prisonnier de l'orbite et l'on ne peut facilement aller à droite ou à gauche, plus vite ou plus doucement), quand on imagine la précision nécessaire en terme de timing mais aussi de pointage (le parachute ne représente qu'un diamètre angulaire minuscule vu à plusieurs centaines de kilomètres) là encore, on ne peut que dire : Bravo. Ajoutons que le tout a lieu à 250 millions de kilomètres de la Terre et donc sans possibilité de pilotage en direct. 

Autant je suis sévère devant l'inutilité de la Station Spatiale Internationale qui, selon moi, gaspille et les budgets scientifiques (je laisse de côté l'aspect politique qui a sa part dans la justification de l'ISS) autant là, je souhaiterais que l'on engage des ressources plus importantes pour mener ce type de missions qui nous font découvrir de nouveaux mondes. Espérons maintenant que, sur place, Curiosity mènera sa mission avec autant de succès que son atterrissage.  

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