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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 19:56

  

 Voici petit test propre à désespérer tous les adeptes de l’astronomie ou simplement d’un peu de rationalisme.  En tapant sur le moteur de recherche GOOGLE les mots : calculs astro, on obtient les résultats suivants (au 12 octobre 2008).

 

  Pour calculs astronomie : environ 450 000 réponses

  Pour calculs astrologie (+ astrologiques) : environ 2 800 000 réponses

 

  L’astrologie bat donc l’astronomie à plate couture par 2 800 à 450 milliers de références.

 

  Si l’on tape simplement astro l’astronomie renvoie à 15 millions de réponses et l’astrologie à 20 millions environ (tous types d’astrologies cumulés). L’écart relatif est moindre mais l’astronomie est encore grande perdante.

 

  Dire que les articles critiquant l’astrologie participent à ce désespérant décompte et en atténuent quelque peu le contraste ne nous consolera pas beaucoup (comme par exemple l’article dans ce même blog: Astrologie : Les biens curieux arguments des astronomes).

  

 Le fond du problème est bien que beaucoup plus de personnes s’intéressent à l’astrologie qu’à l’astronomie. Parmi les grandes radios d’ailleurs seule France Culture parle de temps en temps des étoiles tandis que l’astrologie bénéficie de multiples chroniques sur de nombreuses longueurs d’onde.

 

  Le monde est ainsi fait. L’explication de cette statistique appartient aux sociologues et aux philosophes. L’expérience montre qu’il est en ce domaine très difficile de convaincre et que rentrer dans les détails comme je le suggère dans l’article évoqué ne change rien à l’affaire.

 

 

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Published by Didier BARTHES - dans Astrologie
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29 juin 2008 7 29 /06 /juin /2008 22:16

 

   Evoquer l’astrologie pour la réfuter reste un exercice délicat. 
   Si face à un auditoire adepte des horoscopes vous vous heurtez à un mur d’incompréhension, face à un public d’astronomes, vous ne prêchez qu’à des convaincus. Entre l’inutilité et l’ennui le propos présente finalement peu d’intérêt.

   C’est pourquoi je vous propose d’aborder une troisième voie, parler d’astrologie à des astronomes. Non pour défendre l’astrologie bien sûr, mais néanmoins pour mettre en cause la façon dont ces derniers rejettent généralement les vues des astrologues.

    En effet, sûrs de leur bon droit, les passionnés d’astronomie répondent parfois aux astrologues d’une manière un peu légère et pas toujours très rigoureuse. Ils utilisent ainsi des arguments qui, si l’on n’y prenait garde, pourraient être retournés.

    Illustrons cette dérive de l’argumentation par deux exemples : la question des constellations et la réalité des actions à distance.

 

 La question des constellations

 

   Les astronomes font essentiellement grief aux astrologues de commettre des erreurs ou pour le moins des imprécisions sur quatre points :

   - Le nombre de constellations du zodiaque.
   - La non-universalité du nom et des frontières des constellations.
   - L’absence de réalité physique des constellations.
   - La non prise en compte  de la précession des équinoxes.

 

  Premier reproche, Le zodiaque, cette bande du ciel centrée sur l’écliptique et devant laquelle, par perspective, "circulent" le soleil et les planètes traverse 13 constellations. Or, l’astrologie ne se préoccupe que de douze d’entre elles. Ophiuchus (parfois appelée Serpentaire) dont une partie se situe dans le zodiaque entre le Scorpion et le Sagittaire, est totalement ignorée.

   Cette ignorance permet à l’astrologie de " coller " au calendrier qui divise l’année en douze mois approximativement égaux.

  Au dire des astronomes, une telle négligence que rien ne justifie sur le plan scientifique (mais peut-on ici parler de science ?) ruinerait la cohérence de l’édifice astrologique et par-là anéantirait sa crédibilité.

 

  Seconde réprimande, Les constellations n’étant pas universellement définies, il serait impossible d’attribuer une qualité indiscutable à un signe. Vous pouvez ainsi être du signe du Lion selon l’astrologie en vigueur dans votre société et du signe du Zèbre ou de la Gazelle selon les traditions astrologiques de la société voisine ! Quel sera alors votre destin ? Quels seront vos goûts, vos aversions ? Que dire de votre caractère ?

  Par ailleurs, au-delà du nom, la définition même et la frontière des constellations ne sont pas plus universelles : Telle étoile rattachée à une constellation dans une civilisation peut fort bien se trouver rattachée à une autre pour un peuple différent.

   Enfin bien sûr, les constellations ont évolué au cours de l’histoire là aussi tant sur leur dénomination que sur le plan de leur frontière. Ainsi, en passant des babyloniens aux grecs, le Journalier est devenu le Bélier et les Queues, une partie des Poissons. De même les constellations chinoises de l’époque impériale ne sont pas les nôtres.

  La situation est aujourd’hui normalisée et le ciel est découpé en 88 constellations (des zones en fait) internationalement reconnues et précisément définies. 

 

   Autre critique, les constellations ne constituent pas des réalités. Ce sont des apparences, de simples effets de perspectives. Comme le dit Leila Haddad dans un article de Ciel et Espace de février 2002 : " Ce sont de très artificiels agrégats d’étoiles qui, un jour, il y a longtemps, ont pris la forme que notre regard a bien voulu leur donner. " Les astronomes répètent d’ailleurs à l’envi qu’au sein d’une même constellation les étoiles n’ont souvent aucun lien entre elles et se trouvent à des distances fort différentes de la Terre.

 

   Enfin, dernier grief, apparemment plus technique : La précession des équinoxes , les signes retenus par l’astrologie ne sont plus ceux qui résulteraient de l’observation du ciel actuel. Ainsi, un enfant né le 1er janvier est astrologiquement du signe du Capricorne tandis que le Soleil est à cette date dans la constellation du Sagittaire (Rappelons que notre signe astrologique est théoriquement celui de la constellation devant laquelle transite le Soleil au moment de notre naissance). Les astrologues sont restés figés sur les configurations astrales d’il y a deux mille ans !  

   L ’ensemble de ces remarques ne concernent pas que notre signe principal, elles pourraient bien entendu s’appliquer à l’identique à l’ascendant qui résulte de la constellation se " levant " à l’instant de notre naissance. Tous ces arguments sont utilisés à foison contre l’astrologie. On tente ainsi, par mille détails techniques de montrer que les astrologues ne connaissent rien aux astres et sont bien en retard sur la science.

 

   C’est une erreur car ce n'est pas ici que se situe l’essentiel.

   Le fait qu’un corps, le Soleil, les planètes, un papillon, ce que vous voulez, passe en perspective devant un autre ensemble de corps ne nous permet en aucun cas d’en tirer des conclusions quant au destin ou au caractère de telle ou telle personne, fût-elle née au moment de cette " conjonction ". Là et seulement là se situe le cœur du problème. Cela résulte moins d’ailleurs d’une question d’astronomie que de logique car le principe de l’astrologie pourrait s’appliquer au mouvement de n’importe quel objet et pas seulement à celui des astres. C’est pourquoi se battre pour les arguments cités plus haut paraît dangereux et finalement contre-productif.

 

   Non seulement on ne s’attaque qu’à la surface des choses, mais surtout, on laisse a contrario entendre que si ces données étaient différentes, alors l’astrologie aurait un sens.

 

   Or, si le zodiaque ne contenait que douze constellations sagement rangées et scrupuleusement espacées de trente degrés chacune (30° x 12 = 360°), si les constellations avaient de tout temps et en tout lieu connu la même définition et la même appellation, si toutes les étoiles d’une constellation appartenaient à un ensemble cohérent, un amas lié par la gravitation par exemple, et si enfin, la précession des équinoxes n’existait pas, alors l’astrologie resterait toujours aussi inepte et dénuée de fondement.

 

La réalité des actions à distance et leur interprétation

 

   Toutes les réfutations de l’astrologie n’ont de sens que si l’on admet au préalable que les astres peuvent avoir une influence sur nous. Si tel n’était pas le cas, alors il serait inutile de discuter des heures durant du détail des éléments à retenir ou pas (position et choix des planètes, définition des constellations…)

   Il existe donc une manière radicale de réfuter l'astrologie consistant à scier la branche dès sa naissance en niant toute possibilité d’influence des astres ou bien en la rendant si infime qu’elle puisse être négligée dans tous les cas. C’est une tentation à laquelle succombent bien des astronomes.    

   Cette méthode efficace qui évite de se noyer dans mille petits problèmes n’est pourtant pas sans en poser d’autres. Par quelle voie les astres pourraient-ils agir sur nous ? Sauf à inventer des forces imaginaires, mais en ce cas, plus aucune réfutation et par-là plus aucun débat n’est possible, seule la gravitation semble pouvoir être invoquée (le magnétisme aussi peut-être, bien qu’on imagine mal une action à très longue portée).    

  Les astrologues eux-mêmes nous y encouragent qui, souvent, pour défendre leur " science ", rappellent que la Lune par exemple a bien une influence gravitationnelle puisqu’elle est responsable des marées. 
   Cependant ne soyez pas cruels, ne leur demandez pas le détail de l’affaire ! Le mécanisme des marées est extrêmement complexe et même les principes de base échappent à la connaissance de la plupart des astrologues.

   Ne pouvant tout à fait nier l’existence de la gravitation les astronomes répliquent que l’attraction des planètes est absolument infime et ne peut en aucun cas nous influencer.

   Qu’en est-il exactement ?

   Comparons l’influence gravitationnelle de trois objets sur notre corps : la Terre (c’est-à-dire la pesanteur), la planète Jupiter et un objet de la vie courante, par exemple une voiture à 10 m (imaginez qu’une voiture se garant devant la maternité le jour de votre naissance vienne déterminer votre caractère !).

   La force de gravitation qu’exerce un corps est proportionnelle à sa masse et inversement proportionnelle au carré de la distance à laquelle il se situe (loi de Newton) Cette force se traduit par une accélération qui se calcule en multipliant ces données par la constante de Gravitation : G = 6,67 x 10-11 N m2 kg-2 

 

Comparons donc :  

 

La Terre : masse:  5,97 x 1024 kg, distance : 6 371 km soit 6,37 x 106 m (distance jusqu’au centre du globe sachant que nous nous situons en surface). L’accélération générée par la Terre est donc de : (5,97 x 1024 / (6,37 x 106) 2) x 6,67 x 10-11 = 9,81 ms-2. On reconnaît là, l’accélération de la pesanteur.    

 

Jupiter : masse : 1,90 x 1027 kg, distance 590 millions de km, soit 5,90 x 1011 m (distance approximative lorsque Jupiter est au plus près de la Terre, c’est-à-dire en opposition). L’accélération générée par Jupiter est donc de : (1,90 x 1027 / (5,90 x 1011)2) x 6,67 x 10-11 =  3,64 x 10-7ms-2.    

 

Une voiture à 10 mètres :masse : 1 000 kg, distance 10 m. Accélération générée : (1 000/102) x 6,67 x 10-11 =  6,67 x 10-10 ms-2.

 

   A ce jeu des petits calculs, chacun trouve son compte. Les astronomes feront remarquer que l’accélération que Jupiter nous impose est quasi inexistante face à celle de la pesanteur, elle est 27 millions de fois plus faible. (9,80/3,64 x 10-7 = 2,69 x 107). A l’inverse les astrologues se targueront du fait qu’une planète garde une influence gravitationnelle très supérieure à celle d’un objet de la vie quotidienne. Ici l’attraction de Jupiter vaut un peu plus de 500 fois celle de la voiture à 10 m : (3,64 x 10-7 / 6,67 x 10-10 = 546). Le raisonnement conduit également à des conclusions ambivalentes.   
   De fait les astrologues peuvent arguer qu’une influence petite au départ peut avoir à long terme des conséquences très importantes. Les récents développements mathématiques des théories du chaos vont en ce sens et on découvre de plus en plus de systèmes où la sensibilité aux conditions initiales est immense. En astronomie notamment, on a montré qu’une imprécision de seulement quelques mètres sur la connaissance de la position de la Terre aujourd’hui conduisait à une incapacité complète à prédire sa position à moins de 150 millions de kilomètres près 100 millions d’années plus tard !

   La naissance des ouragans, le trajet des boules de billards, mais aussi peut-être le développement ou l’évitement des guerres, sont eux aussi soumis à cette infinie petitesse des causes !

   Les astronomes, eux, noteront que curieusement, les astrologues ne s’intéressent qu’à ces petites causes. Ainsi, l’attraction de n’importe quelle planète sur notre corps reste des millions fois plus faible que d’autres événements de nature non astronomique. Un mouvement de la mère, un geste de la sage-femme à la naissance d’un enfant le soumettent à des accélérations des centaines de milliers de fois supérieures à celle des astres (Terre exceptée, mais ça, c’est pour tout le monde, indépendamment de notre signe astrologique, on ne peut donc pas faire d’horoscope dessus). Mais ces causes-là, aussi importantes soient-elles aucun astrologue ne songe à les prendre en compte, il ne saurait les utiliser.

   Pourquoi d’ailleurs se limiter aux influences de l’instant de la naissance ? C’est l’ensemble du passé qui détermine le futur.

    On voit par-là que ce genre de débat ne mène pas loin et ne convainc personne. C’est que la vraie question ne se pose pas ainsi. Elle ne se pose pas en termes d’importance des influences mais en termes de capacité à prévoir.

   La démarche astrologique relève en effet du schéma suivant : Trois montagnes sont au loin, appelons-les " constellation du triangle ". Un oiseau passe entre elles et vous : faut-il en conclure quelque chose ? Stricto sensu on ne peut affirmer (comme le font imprudemment les astronomes), que c’est sans influence. Le regard que vous lui accorderez vous retardera peut-être d’une seconde, vous évitant ou au contraire créant un accident de la route, une cellule de votre corps bougera sous votre mouvement et votre futur enfant, engendré d’une cellule différente sera un génie quand il aurait été dictateur (ou l’inverse) etc.

   Par contre si les astronomes sont imprudents, les astrologues sont malhonnêtes car si influence il y a, il est impossible de la décrypter. Nul ne pourra jamais dire si la seconde passée à regarder l’oiseau vous entraînera vers tel ou tel destin. Dans ce contexte, discuter de la taille de l’animal est inutile, il en est de même pour les planètes : mesurer l’importance de leur influence gravitationnelle (ou magnétique ou ce que vous voulez) ne change rien à l’affaire.

 

   Les astronomes font une double erreur en tentant de prouver scientifiquement la petitesse des influences astrales. Erreur sur le fond car " petit " ne signifie pas " négligeable " et erreur sur la forme puisqu’ils laissent entendre par leur réponse que si l’influence était grande, l’astrologie aurait un fondement, ce qui n’est pas exact.

    Nous retrouvons ici la conclusion précédente : L’argumentation contre l’astrologie doit principalement porter sur l’incapacité à prévoir le complexe enchaînement des causes. Et non sur la prise en compte de tel ou tel élément.

    Evidemment, admettre qu’aucune influence n’est négligeable semble être une concession faite aux astrologues et chacun sait bien qu’ils s’engouffreront dans la brèche pour dire : " Ah vous voyez ! ". Oui mais il s’agit d’honnêteté intellectuelle.
    De cette honnêteté là, les astrologues, sans doute, font peu de cas, mais les astronomes, eux, doivent en user, c’est tout à leur honneur.

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Published by Didier BARTHES - dans Astrologie
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