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Du côté de chez SWAN

Au début des années 90, deux astrophysiciens français, Jean-Loup Bertaux et Rosine Lallement conçurent une expérience destinée à l’analyse du vent solaire, ce flux de matière solaire qui s’échappe du Soleil en permanence sous forme de plasma.

Cette expérience fut concrétisée, d’abord par la construction de l’instrument SWAN, fruit d’une collaboration franco-finlandaise, puis par l’installation de cet instrument sur la sonde SOHO (SOlar and Heliospheric Observatory) de l’ESA lancée en décembre 1995 et toujours active.

 

SWAN a conduit à de nombreuses découvertes : d’abord dans la répartition spatiale et temporelle des flux de vent solaire mais aussi de 19 comètes, dont la toute dernière  C/2025 R2 (SWAN), dont le nom officiel inclut le nom de l’instrument.

Voici ce qu’en dit Jean-Loup Bertaux, directeur de recherche au LATMOS  (extrait de larticle paru sur le site de l’université Paris Saclay)

« Repérée pour la première fois par Vladimir Bezugly, un amateur ukrainien, sur des images du ciel entier prise par l'instrument SWAN de la sonde spatiale SOHO (dédiée à l'étude du Soleil et du vent solaire), la comète était étonnamment brillante mais naturellement difficile à voir depuis le sol dans la lumière éblouissante du Soleil.

Toujours proche du Soleil dans le ciel, la chevelure verdâtre et la queue de C/2025 R2 (SWAN) ont été capturées dans cet instantané pris par un télescope au sol le 17 décembre 2025. Spica, l'étoile alpha de la constellation de la Vierge, brille juste au dessus du bord inférieur gauche du cadre, tandis que la comète se trouve à environ 6,5 minutes-lumière de la planète Terre. Près de l'horizon ouest, après le coucher du Soleil et légèrement plus facile à voir avec des jumelles depuis l'hémisphère sud, cette comète SWAN est passée près de Zubenelgenubi, l'étoile alpha de la Balance, le 2 octobre. C/2025 R2 (SWAN) devrait faire son passage le plus proche de notre belle planète vers le 20 octobre 2025  .

D'ici cette date, suivez son évolution sur Cometographia, Team Ciel Austral ou sur ICQ Comet Observation »

« Le 18 août 2025, Vladimir Bezugly, un habitué des cartes SWAN disponibles sur le net, a prévenu l'équipe du Laboratoire Atmosphère, Observations Spatiale (LATMOS) que la production automatique des variations de la carte du ciel (par différence de deux cartes successives) ne fonctionnait plus. La raison était qu'il manquait pour le traitement automatique la date prévue du commencement des futures rotations Carrington prévues, soit les rotations que le Soleil effectue sur lui-même sur une période de 28 jours. Le problème fut rapidement corrigé par Eric Quémerais, le responsable actuel de SWAN, chercheur au CNRS et Stéphane Ferron (société ACRI-ST) juste à temps pour découvrir cette nouvelle comète !

En effet, le 11 septembre 2025, Vladimir Bezugly détectait dans les images de différence de SWAN une nouvelle comète dont le nom officiel donné est C/2025 R2 (SWAN) !

Vladimir Bezugly est un astronome amateur vivant en Ukraine, à Dnipro. Malgré les bombardements sporadiques, il continue de consulter le site web où les images en Ultra-Violet du ciel recueillies au moins trois fois par semaine par l'instrument SWAN à bord de la mission SOHO (ESA/NASA) sont mises à disposition de tous. Sur le site figurent également des cartes de différence de brillance UV entre une carte et la précédente. Ni les étoiles, ni le reste du ciel ne changent sur deux jours. Par contre, comme les comètes se déplacent dans le ciel, il est possible de les repérer sur ces images appelées Comet Tracker.

En effet, toute comète dégaze de la vapeur d'eau (H20) en s'approchant du Soleil. Mais les molécules H2O sont cassées en H et OH par le rayonnement UV solaire, ce qui fait que toute comète émet un nuage d'hydrogène atomique H. Ces atomes H sont éclairés par le Soleil dans la longueur d'onde 121,6 nanomètres, dite Lyman-alpha, dans l'Ultra-Violet, et réémettent la même émission. C'est l'équivalent pour l'hydrogène de la lumière orange-rouge du sodium (lampes à sodium). L'instrument SWAN, sensible à la lumière Lyman-alpha, peut donc détecter la présence du nuage d'hydrogène autour de chaque comète qui s'approche du Soleil, et en inférer la quantité d'eau crachée par chaque comète à chaque passage près du Soleil. Plus le noyau solide de la comète est gros, plus elle crache de vapeur d'eau. Plus de 70 comètes ont ainsi été mesurée par SWAN depuis le lancement de SOHO en décembre 1995.

Pour détecter de nouvelles comètes, SWAN a l'avantage sur les télescopes au sol de pouvoir observer près du Soleil jusqu'à environ 15° de celui-ci. SWAN peut donc être le premier instrument à détecter une nouvelle comète, si elle arrive d'une direction proche de la direction du Soleil vu de la Terre. C'est pourquoi, l'équipe scientifique SWAN composée de Jean-Loup Bertaux, le proposant principal de SWAN, Directeur de recherche émérite au CNRS au sein du Laboratoire Atmosphère, Observations Spatiales (LATMOS) et Éric Quémérais, le responsable actuel, chercheur au CNRS, a mis à disposition du public les images de SWAN et leurs différences calculées automatiquement (site SWAN Project)». 

Concernant les comètes, signalons aussi 3I/ ATLAS qui est le troisième objet interstellaire qui traverse le système solaire, d’où son nom « 3I ». ATLAS est l’acronyme d’un télescope automatique. Ne pas la confondre avec la comète C/2025 K1 (ATLAS), également proche dans le ciel (Astronomy Picture of the Day du 26 Septembre 2025). La vitesse d’approche de 3I/ATLAS était à l’infini très élevée : 58 km/s (à comparer à la vitesse de la Terre de 30 km/s sur son orbite). Sur ce sujet voir l’article paru sur notre site,

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(*) L'instrument SWAN est conçu pour observer les photons d’origine solaire  dans les rayonnements Lyman alpha (121,6 nanomètres) rétrodiffusés par les atomes d'hydrogène neutres présents dans le milieu interplanétaire. Elle a pu mettre en évidence les variations spatiales et temporelles du vent solaire (Ces variations spatiales sont corrélées à l'activité réelle du disque.

Source de limage en illustration : Team Ciel Austral et Astronomy Picture of the Day.

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D
Bravo à Monsieur Vladimir Bezugly qui, malgré la situation de son pays, continue à pratiquer l'astronomie. <br /> Les amateurs participent activement à la recherche de haut niveau, surtout pour ce genre de découvertes. Ne sous-estimons pas leurs apports et qu'ils en soient remerciés.
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